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Chapitre 3

Chapitre 3

Circuits électriques dans l’ARQS

Les courants électriques sont présents partout dans la vie courante : maisons individuelles, installations industrielles, appareils vidéo, ordinateurs, téléphones, aéronautique...

Dans ce chapitre, nous allons mettre en place les bases de l’électrocinétique, c’est-à-dire l’ensemble des équations permettant l’étude de tout circuit électrique, aussi bien dans le domaine industriel que dans celui de la microélectronique, tout en restant dans des domaines de fréquences usuelles de 0 HZ à plusieurs GHz.

I) Description d’un circuit électrique

Pour illustrer les définitions qui suivent, on prend l’exemple d’un oscillateur à quartz dont un modèle simplifié est représenté ci-dessous.

Définition 1 : Circuit électrique

Un circuit électrique est un ensemble de conducteurs reliés entre eux par des fils de connexion et dans lequel peut circuler un courant électrique.

Définition 2 : Fil de connexion

Un fil de connexion est un fil conducteur dont la résistance est négligeable devant les autres résistances du circuit électrique.

Définition 3 : Dipôle

Un dipôle est un composant électrique connecté au circuit électrique par deux bornes.

Exemple

Le circuit modélisant l’oscillateur à quartz comprend cinq dipôles : un conducteur ohmique RR, deux condensateurs C1C_{1} et C2C_{2}, une bobine LL et un générateur.

Définition 4 : Nœud

Un nœud est un point de jonction entre plu de deux dipôles.

Exemple

R,C1R, C_{1} et LL ont tous trois une borne reliée au même nœud.

Définition 5 : Branche

Une branche est constituée par un ensemble de dipôles montés en série entre deux nœuds.

Exemple

Le condensateur C2C_{2} et la bobine LL sont en série et appartiennent à la même branche, C1C_{1} est seul dans sa branche.

Définition 6 : Maille

Une maille est un ensemble de branches formant une boucle fermée.

Exemple

On peut former trois mailles dans le circuit modélisant l’oscillateur à quartz.

Définition 7 : Circuit en dérivation

Deux dipôles dont les bornes sont connectées aux mêmes nœuds sont en dérivation, ou encore en parallèle.

II ) Grandeur dans un circuit électrique

A) Charge et courant électrique

1 ) Définition

Définition 8 : Courant électrique

À l’échelle microscopique, le courant électrique est dû au mouvement des porteurs de charge électriques (électrons, ions, etc.).

Application 1

Identifier les porteurs de charge responsables des courants électriques dans les situations illustrées ci-dessous.

Ligne Haute Tension

2 ) Sens du courant

Mouvement désordonné i=0i=0

Electrolyse de la saumure

Mouvement ordonné i0i \neq 0

À l’échelle microscopique, les électrons d’un métal ont un mouvement aléatoire lié à l’agitation thermique : c’est le mouvement brownien. Dans certains cas, un mouvement collectif ordonné s’ajoute à ce mouvement désordonné : on parle de courant de charge ou de courant électrique. Par convention, le sens du courant est celui du déplacement des charges positives. C’est donc aussi le sens opposé au déplacement des porteurs de charge négative (électrons).

3 ) Intensité du courant électrique

L’intensité du courant notée II correspond au débit de charges à travers la section du conducteur. Dans le cas où II est constante, elle est définie comme :

I=δqδtI=\frac{\delta q}{\delta t}

δq\delta q est la charge électrique traversant la section pendant une durée δt\delta t, comptée positivement pour des charges positives allant dans le sens du courant choisi. δq\delta q est exprimée en coulombs (C), δt\delta t en secondes et II en ampères.

Remarque

Dans une expérience à l’échelle macroscopique, on mesure des charges d’ordre de grandeur très supérieur à la valeur de la charge élémentaire donc la quantification de la charge ne se manifeste pas. L’intensité du courant dans un circuit électrique est donc une grandeur continue et non pas quantifiée.

Définition 9 : Intensité du courant

De manière générale, on définit l’intensité du courant par

i=limδt0δqδt=dq dti=\lim _{\delta t \rightarrow 0} \frac{\delta q}{\delta t}=\frac{\mathrm{d} q}{\mathrm{~d} t}

Exemple

L’ordre de grandeur de l’intensité du courant est très variable. Citons par exemple :

Le courant est un phénomène physique dont le sens dépend des conditions expérimentales, tandis que l’intensité du courant est une grandeur algébrique dont le signe dépend du sens du courant et de la convention arbitrairement choisie.

Les électrons vont vers la gauche : le sens du courant électrique est vers la droite. On choisit d’orienter ii vers la droite, donc i>0i>0.

Les électrons vont vers la gauche : le sens du courant électrique est vers la droite. On choisit d’orienter ii vers la gauche, donc i<0i<0.

4 ) Conservation de la charge

La charge électrique ne peut être ni créée, ni détruite : la conservation de la charge électrique est une loi fondamentale de la physique.

Un générateur ne crée aucune charge électrique, mais communique à ces dernières de l’énergie, il met les charges en mouvement.

5 ) Mesure d’intensité

On mesure l’intensité d’un courant à l’aide d’un ampèremètre placé en série dans la branche étudiée. Un ampèremètre idéal est équivalent à un fil de résistance nulle. En pratique, les ampèremètres réels possèdent une résistance interne très faible, de l’ordre de quelques dixièmes d’ohm.

B ) Potentiel électrique et tension

1 ) Définition

Un générateur (par exemple une pile) met les porteurs de charge en mouvement. Il leur communique de l’énergie qu’ils véhiculent dans le reste du circuit. Pour quantifier cette énergie, on définit la notion de potentiel électrique, noté VV et exprimé en volts.

Définition 10 : Tension électrique

La tension électrique UABU_{A B} entre deux points AA et BB de potentiels électriques respectifs VAV_{A} et VBV_{B} est définie comme la différence de potentiel électrique entre ces deux points :

UAB=VAVBU_{A B}=V_{A}-V_{B}

Exemple

L’ordre de grandeur de la tension électrique est très variable. Citons par exemple :

Deux nœuds reliés par un fil idéal, c’est-à-dire un fil de résistance nulle, ont le même potentiel électrique.

2 ) Additivité des tensions

Additivité des tensions

Pour deux dipôles reliés à un même nœud, comme dans la branche ci-dessous, on a

UAC=UAB+UBCU_{A C}=U_{A B}+U_{B C}

On appelle cette relation la loi d’additivité des tensions.

Expérience 1 : LED en série ou en dérivation

Réaliser et comparer les deux circuits représentés ci-dessous en ajoutant une LED après l’autre. Comment expliquer les différences constatées, sachant que les LED ont une tension de seuil Vseuil =1,6 VV_{\text {seuil }}=1,6 \mathrm{~V} à 2,0 V2,0 \mathrm{~V}.

3 ) Notion de masse

On peut ajouter aux potentiels électriques de tous les nœuds d’un circuit un potentiel arbitraire V0V_{0} sans changer les tensions aux bornes des dipôles. Le potentiel est toujours défini par rapport à une référence. En pratique, on choisit arbitrairement d’annuler le potentiel en un point du circuit, Cette référence de potentiel correspond à la masse du circuit, représentée par le symbole ர7.

Définition 11 : Masse

La masse est le point de potentiel nul : VM=0V_{M}=0

Lorsque le symbole de masse est représenté en plusieurs points d’un circuit cela signifie que tous ces points sont reliés entre eux et qu’ils sont tous au potentiel nul.

Figure 3.1: (a): un circuit électrique;(b): représentation où la connexion par la masse est implicite ; (c) : représentation où le générateur de tension est représenté par le potentiel qu’il impose au nœud.

4 ) Mesure de tension

On mesure une tension à l’aide d’un voltmètre placé en dérivation aux bornes du dipôle étudié. Un voltmètre idéal est équivalent à un interrupteur ouvert de résistance infinie. En pratique, les voltmètres réels ont une résistance d’entrée très élevée, de l’ordre de plusieurs megaohms,

voire plusieurs centaines de megaohms.

III ) Lois de Kirchhoff

A) Approximation des régimes quasi stationnaires (ARQS)

L’électrocinétique est le domaine de l’électromagnétisme où les manifestations du mouvement des porteurs de charges sont étudiées en termes de courants et de tensions.

1 ) Régime indépendant du temps

Si ces grandeurs sont constantes dans le temps, nous parlerons de régime indépendant du temps ou encore de régime stationnaire. Ces grandeurs sont alors généralement notées avec des lettres majuscules : II pour l’intensité et UU pour la tension.

2 ) Régime variable

Si les tensions u(t)u(t) et les intensités i(t)i(t) dépendent du temps, on est en régime variable. Les intensités et les tensions sont des grandeurs qui se propagent dans les conducteurs avec une vitesse finie (de l’ordre de c=3,00108 m s1c=3,00 \cdot 10^{8} \mathrm{~m} \cdot \mathrm{~s}^{-1}, vitesse de la lumière dans le vide). Ainsi, rigoureusement, il n’est plus possible de parler d’intensité i(t)i(t) à un instant donné tt dans un circuit, car sa valeur dépend du point où nous l’évaluons.

Le temps de propagation de l’intensité dans un circuit de longueur ll est τ=lc\tau=\frac{l}{c}cc est sa vitesse de propagation. Si les temps intervenant dans l’étude du circuit (période, temps de montée du signal, temps d’acquisition des mesures, ...) sont grands devant τ\tau, les phénomènes de propagation ne se manifestent pas et il sera pertinent de les négliger. Un régime variable permettant cette approximation est un régime quasi permanent ou quasi stationnaire.

Approximation des régimes quasi stationnaires (ARQS)

Dans l’approximation des régimes quasi stationnaires (ARQS), tous les effets liés à la propagation des signaux sous forme de tensions ou de courants sont négligés. l’ARQS est applicable pour l’étude d’un courant électrique si la longueur ll des fils et le temps caractéristique de variation TT de l’intensité sont tels que (c=3,00108 m s1\left(c=3,00 \cdot 10^{8} \mathrm{~m} \cdot \mathrm{~s}^{-1}\right. est la vitesse de la lumière dans le vide) :

Tτ=lcνclT \gg \tau=\frac{l}{c} \quad \Longleftrightarrow \quad \nu \ll \frac{c}{l}

Toutes les expériences de travaux pratiques d’électricité sont réalisées dans le cadre de l’ARQS. Pour la suite de ce chapitre, nous nous placerons dans le cadre de l’ARQS.

3 ) Conservation de la charge dans l’ARQS

Dans le cadre de l’ARQS, un fil conducteur reste électriquement neutre. Pour conserver cette neutralité, il est nécessaire que la charge entrant par la section S1S_{1} soit égale à la charge sortant par la section S2S_{2}. En termes d’intensité, cela se traduit par :

i1=i2i_{1}=i_{2}

Conducteur

Dans le cadre de l’ARQS, l’intensité est la même en tout point d’un circuit sans dérivation.

Dans une branche, l’intensité est la même en tout point. Ainsi l’intensité du courant électrique qui traverse deux dipôles en série est la même.

B ) Première loi de KirchHoff : Loi des nœuds

De la conservation de la charge dans l’ARQS découle aussi une loi reliant les intensités au niveau d’un nœud.

Première loi de Kirchhoff : lois des nœuds

Au niveau d’un nœud, la somme des intensités des courants entrants est égale à la somme des intensités des courants sortants :

entrants ij=sortants ikεkik=0\sum_{\text {entrants }} i_{j}=\sum_{\text {sortants }} i_{k} \quad \Longleftrightarrow \quad \sum \varepsilon_{k} i_{k}=0

εk=+1\varepsilon_{k}=+1 si le courant iki_{k} aboutit sur le nœud et -1 s’il en repart. Cette loi est valable en régime stationnaire ou dans le cadre de l’ARQS.

Exemple

i1+i3+i4=i2+i5i1i2+i3+i4i5=0\begin{aligned} & i_{1}+i_{3}+i_{4}=i_{2}+i_{5} \\ & i_{1}-i_{2}+i_{3}+i_{4}-i_{5}=0 \end{aligned}

Exercice de cours à connaître 1

Démontrer la première loi de KIRCHHOFF en utilisant la conservation de la charge dans l’ARQS.

Application 2

À l’aide d’un ampèremètre, on mesure l’intensité du courant en quelques points du circuit représenté cicontre. On relève I0=4 A,I1=1 AI_{0}=4 \mathrm{~A}, I_{1}=1 \mathrm{~A} et I4=2 AI_{4}=2 \mathrm{~A}.

  1. Déterminer les intensités I2,I3I_{2}, I_{3} et I5I_{5}.

  2. Calculer le nombre d’électrons qui traversent le générateur chaque seconde.

Données : e=1,61019Ce=1,6 \cdot 10^{-19} \mathrm{C}

C ) Deuxième loi de Kirchhoff : Loi des mailles

Cette deuxième loi est quant à elle une conséquence de l’additivité des tensions. Après avoir défini arbitrairement l’orientation d’une maille, on peut utiliser la loi des mailles. Cette loi se démontre facilement en faisant intervenir les potentiels des nœuds de la maille.

Deuxième loi de Kirchhoff : loi des mailles

Dans une maille, la somme algébrique des tensions est nulle :

kεkuk=0\sum_{k} \varepsilon_{k} u_{k}=0

εk=+1\varepsilon_{k}=+1 si la tension uku_{k} est orientée dans le même sens que la maille, εk=1\varepsilon_{k}=-1 sinon.

Exemple

EURUC=0E-U_{R}-U_{C}=0

Application 3

À l’aide d’un voltmètre, on mesure les tensions : E=5 V,U1=3 VE=5 \mathrm{~V}, U_{1}=3 \mathrm{~V} et U4=1 VU_{4}=1 \mathrm{~V}.

  1. Déterminer les tensions U2U_{2} et U3U_{3}.

  2. Déterminer les potentiels aux nœuds AA et CC.

IV ) Dipôles électriques

La tension aux bornes de chacun des dipôles courants (résistor, condensateur et bobine) et l’intensité du courant qui les traverse vérifient une relation appelée loi de comportement. Cette loi doit impérativement être accompagnée d’un schéma et/ou d’une indication pour préciser la convention choisie !

A) Convention générateur et récepteur

Avant de pouvoir étudier un dipôle, il faut préciser la convention choisie pour ce dernier.

Définition 12 : Convention générateur et récepteur

convention générateur

convention récepteur

Remarque

La convention choisie ne préjuge en rien de la nature du dipôle étudié.

B ) Puissance et énergie dans un circuit électrique

Rappel

L’énergie est une grandeur qui se conserve toujours : elle ne peut être créée ni disparaître. Pour faire varier l’énergie E\mathcal{E} (en Joules) d’un système, on peut lui en fournir ou il peut en céder. La puissance P\mathcal{P} (en Watt) correspond à la quantité d’énergie échangée par unité de temps :

P=dE dt\mathcal{P}=\frac{\mathrm{d} \mathcal{E}}{\mathrm{~d} t}

L’état d’un dipôle électrocinétique est déterminé par trois grandeurs :

Définition 13 : Puissance électrique

La puissance électrique P\mathcal{P} permet de quantifier les échanges énergétiques entre un dipôle et le reste du circuit. Elle est définie par :

P=ui\mathcal{P}=u i

uu est la tension aux bornes du dipôle et ii l’intensité du courant qui le traverse. Son interprétation dépend de la convention choisie :

Exemple

Quelques ordres de grandeur de puissance :

Application 4

  1. En fonctionnement normal, indiquer le signe de la puissance électrique : reçue par une lampe ; fournie par un radiateur ; reçue par une centrale nucléaire ; fournie par une batterie de smartphone.

  2. Indiquer si les dipôles suivants se comportent comme des générateurs ( Pfournie >0\mathcal{P}_{\text {fournie }}>0 ) ou comme des récepteurs (Prec¸ue >0)\left(\mathcal{P}_{\text {reçue }}>0\right) :

  1. Calculer l’énergie électrique consommée par un radiateur de 1 kW pendant une heure.

C ) Caractéristique d’un dipôle en courant continu

1 ) Définitions

Définition 14 : Caractéristique

En courant continu, un dipôle se définit par la loi qui relie l’intensité II du courant le traversant et la tension UU à ses bornes. Cette loi se traduit par un graphique expérimental donnant II en fonction de UU appelé caractéristique du dipôle.

Lorsque la caractéristique est une droite on dit que le dipôle est linéaire. Dans le cas contraire, le dipôle est dit non linéaire.

Définition 15 : Dipôles actifs et passifs

On classe les dipôles en deux catégories :

a) Caractéristique d’un dipôle actif.
b) Caractéristique d’un dipôle passif.

2 ) Point de fonctionnement

On considère un circuit formé par deux dipôles, un dipôle actif jouant le rôle de générateur et un dipôle passif jouant le rôle de récepteur. On connaît les caractéristiques des deux dipôles.

Définition 16 : Point de fonctionnement

L’intersection des caractéristiques des deux dipôles est appelée point de fonctionnement. Les coordonnées ( U,IU, I ) de cette intersection donne la valeur de la tension UU et de l’intensité II du courant aux bornes des deux dipôles.

Point de fonctionnement d’un circuit

En noir, caractéristique du dipôls (1) En couleur, caracteristique du dipöls (2)

D ) Conducteur ohmique

1 ) Loi de comportement et puissance

Définition 17 : Conducteur ohmique

On appelle conducteur ohmique tout dipôle qui vérifie la loi d’OHM. Avec RR la résistance du dipôle exprimées en ohms (Ω)(\Omega) et en convention récepteur, on a :

u=Riu=R i

Les résistors sont réalisés avec des mauvais conducteurs électriques (céramiques ou des fils d’alliages métalliques de section modeste) : elles résistent au passage du courant électrique.

Remarque

En TP, on utilisera des résistors dont la résistance varie entre quelques dizaines d’ohms et quelques MΩ\mathrm{M} \Omega.

Application 5

On souhaite allumer une LED rouge ( Useuil =2,0 V,Imax =20 mAU_{\text {seuil }}=2,0 \mathrm{~V}, I_{\text {max }}=20 \mathrm{~mA} ) avec la sortie 13 d’une carte Arduino, capable de fournir une tension E=5,0 VE=5,0 \mathrm{~V}. Pour protéger la carte et limiter le courant traversant la LED, on la branche en série avec un résistor de valeur RR.

  1. Déterminer la valeur RR à choisir.

  2. Calculer la puissance électrique reçue par la LED. Comment est-elle dissipée ?

  3. Exprimer et calculer la puissance électrique reçue par le résistor en fonction de RR et de la tension UU aux bornes de la résistance, puis en fonction de RR et de l’intensité du courant II traversant la résistance. Comment est-elle dissipée ?

Puissance reçue par un résistor

Toute la puissance électrique PJ\mathcal{P}_{J} reçue par un résistor est dissipée par effet Joule sous forme d’énergie thermique. On a :

PJ=ui=Ri2=u2R\mathcal{P}_{J}=u i=R i^{2}=\frac{u^{2}}{R}

2 ) Association de résistors

Afin de simplifier les circuits électriques (et donc les calculs), il est parfois intéressant d’associer des résistors entre eux afin de n’en former qu’un seul. Pour cela, deux règles sont applicables.

Association de résistors en série

Deux résistors de résistance respective R1R_{1} et R2R_{2} en série sont équivalentes à un unique résistor de résistance ReˊR_{\text {éq }}, avec

Reˊ=R1+R2R_{\text {éq }}=R_{1}+R_{2}

Association de résistors en dérivation

Deux résistors de résistance respective R1R_{1} et R2R_{2} en dérivation sont équivalentes à un unique résistor de résistance ReˊR_{\text {éq }}, avec

1Reˊ=1R1+1R2\frac{1}{R_{\text {éq }}}=\frac{1}{R_{1}}+\frac{1}{R_{2}}

Exercice de cours à connaître 2

  1. En utilisant la loi d’additivité des tensions et la loi d’OHM, démontrer la règle d’association des résistors en série.

  2. En utilisant la loi des nœuds et la loi d’OHM, démontrer la règle d’association des résistors en dérivation.

Application 6

On ne dispose que de trois résistors de résistance respective : R1=100Ω,R2=200ΩR_{1}=100 \Omega, R_{2}=200 \Omega et R3=300ΩR_{3}=300 \Omega. Comment obtenir, à l’aide d’une association de ces résistances, la valeur nécessaire au circuit de l’application 5 ?

Remarque

Pour nn résistors en série (resp. en parallèle), on a

Reˊ=i=1nRi(resp.1Reˊ=i=1n1Ri)R_{\text {éq }}=\sum_{i=1}^{n} R_{i} \quad\left(\operatorname{resp} . \quad \frac{1}{R_{\text {éq }}}=\sum_{i=1}^{n} \frac{1}{R_{i}}\right)

3 ) Pont diviseur

Exercice de cours à connaître 3

On considère un circuit composées de deux résistors de résistance respective R1R_{1} et R2R_{2} en série, alimentées par un générateur idéal de tension. On note E,U1E, U_{1} et U2U_{2} les tensions aux bornes du générateur, du résistor de résistance R1R_{1} et du résistor de résistance R2R_{2} respectivement, et II l’intensité du courant qui traverse le générateur.

  1. Faire un schéma en indiquant toutes les grandeurs électriques et en adoptant les conventions les plus raisonnables pour chaque dipôle.

  2. Exprimer l’intensité II en fonction de E,R1E, R_{1} et R2R_{2}.

  3. En déduire les tensions U1U_{1} et U2U_{2} aux bornes de chaque résistor en fonction des mêmes paramètres.

On modifie le montage précédent : les deux résistors sont maintenant montés en dérivation aux bornes du générateur. 4. Exprimer les intensités I1I_{1} et I2I_{2} des courants qui traversent les deux résistors en fonction de I,R1I, R_{1} et R2R_{2}.

Cette application peut être résolue plus rapidement encore en reconnaissant dans les circuits étudiés des ponts diviseurs.

Pont diviseur de tension

Un pont diviseur de tension est formé par l’association de deux résistors en série. On a alors

u1=R1R1+R2e et u2=R2R1+R2eu_{1}=\frac{R_{1}}{R_{1}+R_{2}} e \text { et } u_{2}=\frac{R_{2}}{R_{1}+R_{2}} e

Pont diviseur d’intensité

Un pont diviseur d’intensité est formé par l’association de deux résistors en dérivation. On a alors

i1=1R11R1+1R2=R2R1+R2i et i2=1R21R1+1R2=R1R1+R2ii_{1}=\frac{\frac{1}{R_{1}}}{\frac{1}{R_{1}}+\frac{1}{R_{2}}}=\frac{R_{2}}{R_{1}+R_{2}} i \text { et } i_{2}=\frac{\frac{1}{R_{2}}}{\frac{1}{R_{1}}+\frac{1}{R_{2}}}=\frac{R_{1}}{R_{1}+R_{2}} i

Application 7

Les cartes Arduino possèdent quelques entrées analogiques ayant une résistance d’entrée très élevée, de l’ordre de 100MΩ100 \mathrm{M} \Omega. Avec l’une de ces cartes, on souhaite mesurer la tension EE aux bornes d’un générateur dont la tension de sortie peut monter jusqu’à 15 V . Comme les autres, l’entrée analogique A0A_{0} de l’Arduino ne peut mesurer des tensions que si elles sont comprises entre 0 et 5 V . Par ailleurs, les résistors couramment utilisés en électronique sont dites « quart de watt » car la puissance qu’ils reçoivent ne doit pas dépasser 0,25 W0,25 \mathrm{~W}, sous peine de les endommager de manière irréversible.

  1. Exprimer, puis calculer la valeur de la résistance R5R_{5} à utiliser pour pouvoir mesurer toutes les valeurs de EE tout en exploitant toute la plage de mesure de l’Arduino.

  2. Exprimer et calculer la puissance maximale reçue par le résistor de résistance R5R_{5}. Commenter.

  1. On remplace R5R_{5} par une association de deux résistors de résistance 2R52 R_{5} en parallèle. Exprimer et calculer la puissance maximale reçue par chacune de ces résistors. Commenter.

E ) Condensateur idéal

Un condensateur est un dipôle formé de deux armatures métalliques séparées par un isolant électrique. En présence d’un courant électrique, les armatures du condensateur accumulent une charge q(+qq(+q pour l’une et q-q pour l’autre), ces charges donnent naissance à une différence de potentiel.

Définition 18 : Charge d’un condensateur

La charge électrique qq du condensateur est liée à sa capacité électrique CC, exprimée en farad (F), par la relation :

q=CuCq=C u_{C}

Remarque

Le farad est une unité forte : 1 F correspond à une très grande capacité. En TP, on utilisera des condensateurs dont la capacité va de 1 pF à quelques mF .

Loi de comportement d’un condensateur

En convention récepteur, l’intensité du courant qui “traverse” le condensateur est liée à la tension à ses bornes

i(t)=C duC dti(t)=C \frac{\mathrm{~d} u_{C}}{\mathrm{~d} t}

En régime stationnaire, le condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert. Il permet notamment de stocker de l’énergie électrique pour délivrer rapidement des forts courants.

Énergie stockée dans un condensateur

L’énergie emmagasinée par un condensateur chargé sous une tension uCu_{C} est

EC(t)=12CuC2(t)\mathcal{E}_{C}(t)=\frac{1}{2} C u_{C}^{2}(t)

Dans un condensateur, l’énergie est stockée sous forme électrique.

Exercice de cours à connaître 4

Démontrer l’expression de l’énergie stockée dans un condensateur en exprimant la puissance reçue par un condensateur puis en utilisant la loi de comportement pour faire apparaître une dérivée connue.

F ) Bobine idéale

Une bobine est un dipôle constitué d’un bobinage de fil enroulé autour d’un axe (souvent autour d’un matériau ferromagnétique). Son principe de fonctionnement sera détaillé dans des chapitres ultérieurs.

Loi de comportement d’une bobine

Une bobine est caractérisée par son inductance LL (ou auto-inductance) exprimée en henry (H)(H). En convention récepteur, l’intensité du courant qui traverse une bobine d’inductance LL est liée à la tension à ses bornes :

uL(t)=L di dtu_{L}(t)=L \frac{\mathrm{~d} i}{\mathrm{~d} t}

Remarque

L’inductance des bobines utilisées en TP varie entre quelques μH\mu \mathrm{H} et 1 H . En régime stationnaire, la bobine se comporte comme un fil. Elle peut stocker de l’énergie pour créer brièvement de fortes tensions.

Énergie stockée dans une bobine

L’énergie emmagasinée par une bobine parcourue par un courant d’intensité ii est

EL(t)=12Li2(t)\mathcal{E}_{L}(t)=\frac{1}{2} L i^{2}(t)

Dans une bobine, l’énergie est stockée sous forme magnétique.

Exercice de cours à connaître 5

Démontrer l’expression de l’énergie stockée dans une bobine en exprimant la puissance reçue par une bobine puis en utilisant la loi de comportement pour faire apparaître une dérivée connue.

G ) Générateurs

Il existe deux types de générateurs :

Définition 19 : Source idéale de tension

Une source idéale de tension impose une tension constante quel que soit le circuit qu’elle alimente, et donc quelle que soit l’intensité du courant qu’elle fournit.

Ce modèle simple ne permet cependant pas d’expliquer le fonctionnement des sources réelles.

Expérience 2 : Chute de tension aux bornes d’un GBF

Que peut-on dire de la tension aux bornes du générateur lorsqu’on diminue la résistance de charge ?

Définition 20 : Modèle de Thévenin

On peut modéliser une source de tension réelle avec le modèle de Thévenin, comme l’association d’une source idéale de tension de force électromotrice (f.é.m.) e en série avec un résistor de résistance rr.

En convention générateur, la tension aux bornes du générateur réel est alors

u=eriu=e-r i

La f.é.m. est aussi appelée tension à vide et on parle de résistance de sortie, ou de résistance interne pour désigner rr.

La résistance de sortie d’un générateur de tension continue est inférieure à 1Ω1 \Omega, tandis que celle d’un générateur de tension alternatif ( GBF : générateur basse fréquence) est de 50Ω50 \Omega.