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Chapitre 13

Chapitre 13

Ondes stationnaires

Jusqu’à présent, on a étudié des ondes se propageant dans un milieu “ouvert”. Lorsqu’un milieu est limité, les ondes atteignant les frontières du milieu vont donner naissance à des ondes réfléchies qui vont se superposer aux ondes incidentes.

Dans ce chapitre, nous allons donc nous intéresser à la superposition de deux ondes se propageant dans des directions opposées.

I ) Superposition de deux ondes progressives se propageant en sens contraire

A) Observations

Simulation 1 : Onde stationnaire

Animation : https://phyanim.sciences.univ-nantes.fr//Ondes/ondes_
stationnaires/stationnaires.php

Considérons deux ondes progressives sinusoïdales de même amplitude et même fréquence se propageant en sens contraire (onde incidente en vert et onde réfléchie en rouge). On s’intéresse à la superposition de ces deux ondes (en bleu). Qu’observez-vous ? ____\_\_\_\_ ____\_\_\_\_ ____\_\_\_\_ ____\_\_\_\_ ____\_\_\_\_

B) Calcul de l’onde résultante

On considère une onde s1(x,t)s_{1}(x, t) progressive sinusoïdale de fréquence ff, d’amplitude S0S_{0} et se propageant selon un axe ( 0x0 x ) vers les xx croissants. Dans la même zone de l’espace, on considère une deuxième onde s2(x,t)s_{2}(x, t) progressive sinusoïdale de même fréquence, de même amplitude mais se propageant vers les xx décroissants.

Exercice de cours à connaître 1

Les deux ondes décrites précédemment vont alors se superposer.

  1. Donner l’expression des deux ondes s1(x,t)s_{1}(x, t) et s2(x,t)s_{2}(x, t).

  2. En déduire l’expression de l’onde résultant de leur superposition :

s(t)=s1(x,t)+s2(x,t)s(t)=s_{1}(x, t)+s_{2}(x, t)

II ) Ondes stationnaires

A) Définition

Définition 1 : Onde stationnaire

Une onde stationnaire résulte de la superposition de deux ondes progressives de même fréquence et de même amplitude, mais qui se propagent en sens opposé. Pour une onde stationnaire, les variables de temps et d’espace sont découplées. Ce type d’onde peut donc se mettre sous la forme :

s(x,t)=f(x)×g(t)s(x, t)=f(x) \times g(t)

De manière générale, une onde stationnaire sinusoïdale pourra s’écrire sous la forme :

s(x,t)=2S0cos(kx+ψ)cos(ωt+φ)s(x, t)=2 S_{0} \cos (k x+\psi) \cos (\omega t+\varphi)

La figure 13.1 représente s(x,t)s(x, t) en fonction de xx à différents instants. On constate que cette onde ne se propage pas d’où le qualificatif de stationnaire.

Figure 13.1: Onde stationnaire à trois instants différents : t1t_{1} (en noir), t2t_{2} (en gris clair) et t3=t1+T2t_{3}=t_{1}+\frac{T}{2} (en gris foncé, trait fin).

Remarque

Une onde stationnaire ne se propage pas et ne véhicule donc pas d’énergie.

B ) Ventres et nœuds

Définition 2 : Ventre et nœud

Une onde stationnaire est composée :

Exercice de cours à connaître 2

On suppose une onde stationnaire de la forme :

s(x,t)=Asin(ωt)sin(kx)s(x, t)=A \sin (\omega t) \sin (k x)
  1. Donner les différentes positions des nœuds.

  2. Quelle est la distance entre deux nœuds consécutifs ?

  3. Donner les différentes positions des ventres.

  4. Quelle est la distance entre deux ventres consécutifs ?

  5. Quelle est la distance entre un ventre et un nœud consécutif ?

Soit λ\lambda la longueur d’onde d’une onde stationnaire.

L’existence de nœuds et de ventres de vibration est une propriété caractéristique des ondes stationnaires.

Remarque

On peut interpréter la présence de ventres et de nœuds en termes d’interférences constructives et destructives.

III ) Étude de la corde vibrante

A ) Oscillation libre d’une corde tendue et fixée à ses deux extrémités

1 ) Ondes stationnaires sur une corde de longueur LL finie

On s’intéresse à une corde de longueur LL fixée à ses deux extrémités en x=0x=0 et en x=Lx=L. Il n’y a donc aucun déplacement vertical aux deux extrémités, ce qui impose les conditions aux limites :

t,{s(x=0,t)=0s(x=L,t)=0\forall t,\left\{\begin{array}{l} s(x=0, t)=0 \\ s(x=L, t)=0 \end{array}\right.

On la lâche écartée de sa position d’équilibre et on la laisse vibrer librement.

Exemple

Corde d’un instrument de musique que l’on fait vibrer en la pinçant (guitare) ou en la frappant (piano).

Exercice de cours à connaître 3

Supposons que l’onde résultant de la superposition de l’onde incidente et de l’onde réfléchie en x=0x=0 soit :

s(x,t)=Acos(ωtkx)+Acos(ωt+kx+φ)s(x, t)=A \cos (\omega t-k x)+A \cos (\omega t+k x+\varphi)
  1. En utilisant la condition aux limites en x=0x=0, donner la valeur du déphasage φ\varphi entre l’onde incidente et l’onde réfléchie.

  2. En déduire une nouvelle expression de s(x,t)s(x, t) où les variables de temps et d’espace sont découplées.

  3. En utilisant la condition aux limites en x=Lx=L, montrer que seules certaines valeurs de la pulsation spatiale kk sont possibles.

  4. En déduire une condition sur la fréquence pour que l’onde stationnaire sinusoïdale puisque exister sur la corde.

Remarque

La réflexion est “parfaite”, car nous négligeons l’atténuation de l’onde, au cours de sa propagation.

Bilan

En régime libre, les fréquences d’une onde stationnaire sinusoïdale pouvant exister dans une corde de longueur LL dont les extrémités sont fixées ne prennent que des valeurs discrètes :

fn=nc2L avec nNf_{n}=\frac{n c}{2 L} \quad \text { avec } \quad n \in \mathbb{N}

On dit qu’elles sont quantifiées. Il en va de même pour les longueurs d’onde :

λn=2Ln avec nN\lambda_{n}=\frac{2 L}{n} \quad \text { avec } \quad n \in \mathbb{N}

La fréquence f1f_{1} est appelée fréquence du mode fondamental. La fréquence fn=nf1f_{n}=n f_{1} pour n1n \geq 1 est la fréquence de l’harmonique de rang nn. Les modes propres correspondent aux ondes stationnaires sinusoïdales pouvant exister dans une corde en accord avec les conditions aux limites:

sn(x,t)=A0,nsin(2πfnt+φn)sin(knx)=A0,nsin(2πnc2Lt+φn)sin(nπLx)s_{n}(x, t)=A_{0, n} \sin \left(2 \pi f_{n} t+\varphi_{n}\right) \sin \left(k_{n} x\right)=A_{0, n} \sin \left(2 \pi \frac{n c}{2 L} t+\varphi_{n}\right) \sin \left(\frac{n \pi}{L} x\right)

C’est la limitation spatiale de l’onde qui entraîne une quantification des fréquences : seul un nombre discret de fréquences peuvent exister. Les valeurs des fréquences propres dépendent directement de la nature des conditions aux limites imposées à la corde. suivant :

2 ) Mouvement général de la corde

Le mouvement général d’une corde pincée ou frappé n’est pas sinusoïdal, c’est en fait une superposition des différents modes propres. L’oscillation libre d’une corde peut se mettre sous la forme d’une superposition linéaire de ses modes propres, et la vibration résultante s’écrit :

s(x,t)=n=1sn(x,t)=n=1A0,nsin(2πnc2Lt+φn)sin(nπLx)s(x, t)=\sum_{n=1}^{\infty} s_{n}(x, t)=\sum_{n=1}^{\infty} A_{0, n} \sin \left(2 \pi \frac{n c}{2 L} t+\varphi_{n}\right) \sin \left(\frac{n \pi}{L} x\right)

B ) Régime sinusoïdal forcé : Corde de Melde

1 ) Expérience de la corde de Melde

On tend une corde horizontale entre un vibreur et une poulie. La tension de la corde est déterminée par la masse mm que l’on accroche à l’extrémité pendante : si la poulie est sans frottement et que la masse est immobile, la tension de la corde est égale en norme à mgm g. La longueur utile de la corde, notée LL, correspond à la distance entre le vibreur et la

poulie.

Le vibreur est alimenté par un générateur de basses fréquences (GBF) et il impose à l’extrémité de la corde un mouvement sinusoïdal d’amplitude de l’ordre de quelques millimètres et dont la fréquence ff se règle sur le GBF .

Expérience 1 : Corde de Melde

À l’aide du GBF, on fait varier la fréquence d’excitation de la corde. Qu’observez-vous ? ____\_\_\_\_ ____\_\_\_\_ ____\_\_\_\_

2 ) Étude théorique

Exercice de cours à connaître 4

Dans l’étude de l’expérience précédente, on suppose que la perturbation imposée par le vibreur est de la forme acos(ωt)a \cos (\omega t). On cherche à former une onde stationnaire d’expression :

s(x,t)=Acos(ωt+φ)cos(kx+ψ)s(x, t)=A \cos (\omega t+\varphi) \cos (k x+\psi)
  1. Donner l’expression des conditions aux limites pour l’expérience de la corde de Melde.

  2. En déduire une relation entre l’amplitude du vibreur aa et celle de la corde AA.

  3. Donner la condition pour qu’on observe une résonance.

Ainsi, l’onde stationnaire devient résonnante (en régime forcé) lorsque la pulsation d’excitation du vibreur coïncide avec une des pulsations propres de vibration de la corde, exactement comme pour un circuit LCL C série où la pulsation ω0=1LC\omega_{0}=\frac{1}{\sqrt{L C}} désigne à la fois la pulsation propre en régime libre et la pulsation de résonance en régime forcé.

IV ) Ondes stationnaires et instruments de musique

A) Hauteur et timbre d’un son

Le modèle précédent a permis d’établir l’expression des modes propres pour une corde fixée en ses deux extrémités. Nous pouvons directement l’appliquer aux instruments de la famille des cordes (guitare, piano, violon, etc.).

Le mouvement général de la corde n’est pas sinusoïdal, c’est une superposition des différents modes propres. L’oscillation libre d’une corde peut se mettre sous la forme d’une superposition linéaire de ses modes propres, et la vibration résultante s’écrit :

s(x,t)=n=1sn(x,t)=n=1A0,nsin(2πnc2Lt+φn)sin(nπLx)s(x, t)=\sum_{n=1}^{\infty} s_{n}(x, t)=\sum_{n=1}^{\infty} A_{0, n} \sin \left(2 \pi \frac{n c}{2 L} t+\varphi_{n}\right) \sin \left(\frac{n \pi}{L} x\right)

Définition 3 : Hauteur et timbre d’un son

B ) Instruments à cordes

On admet que la fréquence fondamentale d’une corde de longueur LL attachée à ces deux extrémités est :

f1=12LTμf_{1}=\frac{1}{2 L} \sqrt{\frac{T}{\mu}}

avec TT la tension sous laquelle est tendue la corde (homogène à une force) et μ\mu la masse linéique de la corde ( enkgm1\mathrm{en} \mathrm{kg} \cdot \mathrm{m}^{-1} ).