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Chapitre 1

Chapitre 1

Modèle de l’optique géométrique

Plus de 38 millions de foyers français peuvent recevoir maintenant l’internet très haut débit par fibre optique. Quel phénomène permet de transmettre l’information à l’aide de fibres optiques sur plusieurs centaines de kilomètres? La fibre optique est également utilisée dans le domaine médical, par exemple dans les fibroscopes.

Dans ce chapitre et le suivant, on s’intéressera à la modélisation géométrique de la propagation de la lumière et à l’utilisation de la notion de rayon lumineux.

I) Description de la lumière

A ) Nature de la lumière

Au XVIIIe siècle, deux modèles décrivant la nature de la lumière s’opposaient : Newton affirmait que les objets lumineux émettaient des corpuscules obéissant aux lois de la mécanique, tandis que Huygens affirmait que la lumière était une onde.

La renommée de Newton, liée à ses travaux sur la gravitation, a permis à la théorie corpusculaire de s’imposer parmi les scientifiques de l’époque. Mais au début du XIXe siècle, les expériences d’interférences et de diffraction de Fresnel et Young ont un temps permis d’imposer le modèle ondulatoire de la lumière. À la fin du XIXe siècle, les travaux de Planck, sur le corps noir notamment, ont remis en question le modèle ondulatoire de la lumière.

Aujourd’hui, la lumière est décrite de manière complète par les deux modèles : le modèle corpusculaire (photon) et le modèle ondulatoire (onde électromagnétique). On parle de dualité onde-corpuscule (cf. chapitre ultérieur). Ces deux modèles permettent d’expliquer l’ensemble des expériences réalisées jusqu’à maintenant avec la lumière.

B) Spectre de la lumière

La lumière fait partie d’un ensemble plus vaste d’ondes appelées ondes électromagnétiques. Ces ondes (et donc a fortiori la lumière) sont caractérisées par une double périodicité : temporelle et spatiale. Le spectre peut donc être représenté en fonction de la fréquence ou de la longueur d’onde.

Rappel

Pour une onde de fréquence ff qui se propage à la vitesse vv, la longueur d’onde λ\lambda est donnée par :

λ=cf\lambda=\frac{c}{f}

Figure 1.1: Spectre Électromagnétique

La lumière visible a un spectre constitué de longueurs d’onde dans le vide situées entre 400 nm (violet) et 800 nm (rouge), c’est-à-dire de fréquences comprises entre 41014 Hz4 \cdot 10^{14} \mathrm{~Hz} (rouge) et 81014 Hz8 \cdot 10^{14} \mathrm{~Hz} (violet). Le tableau ci-dessous donne quelques valeurs approchées de longueurs d’onde dans le vide associées à une couleur du spectre :

Couleurbleuvertjaunerouge
λ0(nm)\lambda_{\mathbf{0}}(\mathbf{n m})450500450-500500550500-550550600550-600650800650-800

C ) Propagation de la lumière

1) Dans le vide

La lumière se propage dans le vide avec une vitesse indépendante de la fréquence et du référentiel d’étude.

La lumière se propage dans le vide avec une vitesse constante cc de valeur

c=3,00108 m s1c=3,00 \cdot 10^{8} \mathrm{~m} \cdot \mathrm{~s}^{-1}

2 ) Dans un milieu transparent

Définition 1 : Milieu transparent

Un milieu est qualifié de transparent lorsqu’il n’absorbe pas d’énergie lumineuse. Dans un milieu transparent, la lumière se propage à une vitesse vv inférieure à la vitesse cc de la lumière dans le vide. Afin de quantifier cette diminution, on introduit l’indice optique nn du milieu.

Définition 2 : Indice optique

L’indice optique (ou indice de réfraction) nn d’un milieu est défini par le rapport de la vitesse cc de la lumière dans le vide sur la vitesse vv de la lumière dans ce milieu :

n=cvn=\frac{c}{v}

Exemple

Voici quelques ordres de grandeurs de l’indice optique :

Remarque

On note que :

La fréquence de la lumière ne dépend pas du milieu matériel étudié. Par conséquent, la modification de la vitesse de la lumière dans un milieu d’indice optique nn engendre une modification de la longueur d’onde.

Dans un milieu d’indice optique nn, la longueur d’onde λ\lambda est reliée à celle dans le vide λ0\lambda_{0} par :

λ=λ0n\lambda=\frac{\lambda_{0}}{n}

exager de etranver la formule

Remarque

Il faut donc toujours bien spécifier le milieu dans lequel se fait l’étude.

II ) Les sources lumineuses

Différents objets peuvent servir de source primaire en optique, ils diffèrent par le spectre émis, la puissance émise ainsi que la directivité de la lumière.

A) Source thermique

Tout corps de température non nulle émet un rayonnement thermique induit par le mouvement continu et désordonné des particules qui le constituent. Ce rayonnement est caractérisé par un spectre continu et large et possédant un maximum à une longueur d’onde précise dépendant de la température du corps.

On remarque que plus la température du corps augmente, plus le maximum en intensité se déplace vers les longueurs

d’onde faibles.

Une source thermique fonctionne à partir du rayonnement thermique émis par un corps chauffé. Le spectre d’une source thermique est un spectre continu. effet jould : electricité passant dans unfil → invagia → chalur → buming Exemple Soleil, lampe à incandescence, lampe halogène, corps humain.

B ) Source spectrale

Cé sont des lampes dont le principe repose sur les transitions électroniques d’un atome ou d’une molécule en phase gaz. Lorsqu’un électron se désexcite, il émet une radiation lumineuse de longueur d’onde bien définie. Leur spectre est un spectre de raies correspondant aux différentes transitions électroniques possibles.

Une source spectrale émet un rayonnement discontinu constitué de plusieurs fréquences précises. Le spectre est discret et contient des pics fins appelés raies spectrales.

C ) Sources LASER

Une source LASER (Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation) fonctionne sur le même principe que les lampes spectrales, à la différence près que le dispositif fait en sorte de désexciter tous les atomes en même temps.

Le rayonnement émis effectue alors des allers-retours entre plusieurs miroirs, permettant ainsi d’amplifier son intensité

et de sélectionner une seule fréquence donnée (cf. chapitre ultérieur).

Dans une source LASER, le spectre est donc discontinu et ne contient qu’une seule fréquence. Le danger des LASER vient de leur grande puissance surfacique.

Le spectre d’un faisceau LASER présente une unique raie spectrale beaucoup plus fine qu’une raie de lampe spectrale.

D) Modèle de la source ponctuelle monochromatique

Dans la suite, nous utiliserons le modèle de la source ponctuelle et monochromatique :

Une source étendue peut être découpée en une assemblée de sources quasi ponctuelles qui émettent indépendamment les unes des autres. Une source polychromatique peut être décomposée en sources quasi monochromatiques.

Remarque

Les sources ponctuelles ou monochromatiques sont des modèles théoriques qui n’ont pas de réalité physique. La source LASER constitue la forme la plus proche du modèle de la source lumineuse monochromatique.

III ) Modèle de l’optique géométrique

A) Cadre de l’approximation de l’optique géométrique

L’optique géométrique est applicable lorsque les effets ondulatoires peuvent être ignorés.

Approximation de l’optique géométrique

Dans le cadre de l’optique géométrique, on néglige tous les phénomènes de diffraction. Pour cela, les tailles dd des instruments d’optique utilisés (par exemple diamètre d’une lentille) devront être très grandes devant la longueur d’onde λ:dλ(d>1000λ)\lambda: d \gg \lambda(d>1000 \lambda).

B ) Notion de rayon lumineux

Dans le cadre de l’optique géométrique, la propagation de l’énergie lumineuse est décrite à l’aide de la notion de rayons lumineux.

Rayons lumineux

Les rayons lumineux vérifient les propriétés suivantes :

Remarque

Limite du modèle : Les rayons lumineux sont un modèle qui permet de décrire la propagation de l’énergie lumineuse dans le cadre de l’optique géométrique, mais il est bien évident qu’en réalité la lumière ne se présente pas sous la forme de rayons infiniment fins. En effet, la diffraction empêche de limiter autant qu’on le souhaite la section des faisceaux lumineux. Il est donc impossible d’isoler un seul rayon lumineux.

Diaphragme

Remarque

Le faisceau LASER, très directif, est proche du modèle du rayon lumineux.

C) Propagation rectiligne de la lumière

Dans le vide, la lumière se propage de façon rectiligne. Cependant, ce n’est a priori pas le cas dans n’importe quel milieu matériel.

Il existe des milieux particuliers où la lumière se propage rectilignement : il s’agit des milieux transparents, linéaires, homogènes et isotropes (MTLHI).

Définition 3 : MTLHI

La lumière se propage en ligne droite dans un milieu transparent homogène et isotrope.

Remarque

Lorsque le milieu n’est pas homogène, notamment lorsque l’indice optique varie avec la température, la lumière ne se propage plus en ligne droite. Cela explique par exemple les mirages optiques observés dans les milieux où la température varie fortement en fonction de l’altitude (désert, zone glaciaire, ...).

Dans la suite de ce chapitre, nous considérerons uniquement des milieux transparents, linéaires, homogènes et isotropes (MTLHI).

IV ) Lois de Snell-Descartes

Lorsqu’il y a un changement de milieu, la lumière ne se propage plus de façon rectiligne mais en suivant les lois de Snell-Descartes.

A ) Vocabulaire

Définition 4 :

Définition 5 : Angles orientés

En optique, les angles sont définis ALGÉBRIQUEMENT à partir de la normale :

B ) Énoncé des lois

On note n1n_{1} l’indice optique du milieu de propagation du rayon incident et n2n_{2} l’indice optique du milieu de propagation du rayon réfracté.

Lois de Snell-Descartes

i1=ri_{1}=-r
n1sin(i1)=n2sin(i2)n_{1} \sin \left(i_{1}\right)=n_{2} \sin \left(i_{2}\right)

Remarque

ATTENTION :

Remarque

Principe de Fermat : la lumière se propage d’un point à un autre sur des trajectoires telles que la durée du parcours soit minimale. Le phénomène de réfraction résulte du fait que la vitesse de propagation est différente dans les deux milieux.

C) Détails sur la réfraction

Exercice de cours à connaître 1

  1. Que se passe-t-il si le rayon incident arrive selon la normale?

  2. Comparer les angles de réfraction et d’incidence selon les valeurs respectives des deux indices de réfraction ( n2<n1n_{2}<n_{1} puis n2>n1n_{2}>n_{1} ).

Application 1

Un rayon lumineux dans l’air tombe sur la surface de l’eau d’indice 1,33.

  1. Déterminer l’angle de réfraction pour un angle d’incidence de 3030^{\circ}.

  2. Déterminer l’angle d’incidence pour un angle de réfraction de 3030^{\circ}.

D ) L’arc-en-ciel (culture)

L’indice optique des milieux transparents dépend de la fréquence de la lumière : on dit que le milieu est dispersif.

D’après la loi de Snell-Descartes, l’angle de réfraction, qui dépend de l’indice optique du milieu et de l’angle d’incidence, dépend également de la fréquence de la lumière.Alors, les différentes radiations monochromatiques ne sont pas déviées avec le même angle, ce qui disperse la lumière : on voit séparément chaque radiation monochromatique.

C’est ce phénomène qui vous a permis d’observer les spectres avec des prismes au lycée et qui est à l’origine des arcs-en-ciel.

E ) Réflexion totale

Exercice de cours à connaître 2

  1. Lorsque la lumière passe d’un milieu 1 à un milieu 2 moins réfringent ( n2<n1n_{2}<n_{1} ), que se passe-t-il si l’angle d’incidence i1i_{1} “devient trop grand” ? (cf. animation)

  2. Déterminer l’angle d’incidence limite i1, lim i_{1, \text { lim }} au-delà duquel il n’existe plus de rayon réfracté. Que devient alors l’énergie lumineuse? Ce phénomène s’appelle la réflexion totale.

Condition de réflexion totale

Pour avoir réflexion totale, le rayon réfracté ne doit pas exister. Pour cela, il faut :

Application 2

Dans le cas du dioptre air-eau, déterminer les conditions pour avoir réflexion totale. On donne : nair =1,00n_{\text {air }}=1,00 et neau =1,33n_{\text {eau }}=1,33.

V ) La fibre optique à saut d’indice

A ) Description

Le guidage de la lumière peut être assuré par des fibres optiques. Une fibre optique à saut d’indice est constituée d’un cylindre de verre (ou de plastique) appelé cœur ou âme, LTHI(linéaire, transparent, homogène, isotrope) d’indice n1n_{1} et de rayon RR, entouré d’une gaine transparente d’indice optique n2n_{2}. La gaine contribue non seulement aux propriétés mécaniques de la fibre mais évite aussi les fuites de lumière vers d’autres fibres en cas de contact. Actuellement, le diamètre du cœur d’une fibre varie de 3 à 200μ m200 \mu \mathrm{~m} selon les propriétés et le diamètre extérieur de la gaine peut atteindre 400μ m400 \mu \mathrm{~m}. La gaine est entourée par un matériau protecteur (plastique en général) pour atteindre un diamètre total de l’ordre du millimètre.

Les faces d’entrée et de sortie sont perpendiculaires à l’axe ( OxO x ) du cylindre formé par la fibre. L’ensemble, en particulier la face d’entrée, est en contact avec un milieu d’indice n0n_{0}. On s’intéresse à la trajectoire d’un rayon lumineux situé dans le plan de symétrie contenant l’axe ( OxO x ).

B ) Vocabulaire

La fibre à saut d’indice doit permettre de guider les rayons lumineux de sa face d’entrée vers sa face de sortie en minimisant les pertes.

Définition 6 : Cône d’acceptance

Le cône d’acceptance d’une fibre optique est le cône à l’intérieur duquel les rayons incidents seront guidés par réflexion totale interne. Tout rayon lumineux appartenant au cône d’acceptance c’est-à-dire faisant un angle θ\theta avec la normale à la face d’entrée tel que θmax <-\theta_{\text {max }}< θ<θmax \theta<\theta_{\text {max }}, subira alors des réflexions successives totales sur le dioptre cœur/gaine. θmax \theta_{\text {max }} est appelé angle d’acceptance. On définit l’ouverture numérique n0sin(θmax)n_{0} \sin \left(\theta_{\max }\right)n0n_{0} est l’indice optique du milieu d’où provient le rayon incident et θmax \theta_{\text {max }} l’angle d’acceptance.

Définition 7 : Dispersion intermodale

Les rayons parvenant dans la fibre avec des angles d’incidence différents suivent des chemins optiques (ou modes) différents. À chaque mode correspond un temps de parcours légèrement différent, ce qui entraîne une dispersion intermodale. On définit le retard intermodal comme le temps de retard à l’arrivée du rayon le plus lent (le plus incliné) par rapport au rayon le plus rapide (rayon axial) :

Δt=tmaxtmin\Delta t=t_{\max }-t_{\min }

C ) Application

Exercice de cours à connaître 3

  1. Quel phénomène physique permet de guider la lumière dans la fibre, sans perte d’énergie au cours du parcours ? Comment doit-on alors choisir n1n_{1} et n2n_{2} ?En supposant que cette condition est remplie, faire un schéma du trajet d’un rayon à travers la fibre, en représentant plusieurs réflexions sur l’interface cœur/gaine.

Cône d’acceptance

  1. Établir lạ condition sur l’angle d’incidence sur le dioptre cœur/gaine pourqu’il s’y produise une réflexion totale.

  2. En déduire une condition sur l’angle de réfraction au niveau du dioptre air/cœur.

  3. En déduire que ce rayon peut être guidé dans le cœur si le rayon incident parvient dans le cône d’acceptance d’angle d’acceptance θmax \theta_{\text {max }} qui vérifie

ON=n0sin(θmax)=n12n22O N=n_{0} \sin \left(\theta_{\max }\right)=\sqrt{n_{1}^{2}-n_{2}^{2}}

On donne : sin(arccos(x))=1x2\sin (\arccos (x))=\sqrt{1-x^{2}} et cos (arcsin(x))=1x2(\arcsin (x))=\sqrt{1-x^{2}}. 5. Faire l’application numérique pour : n1=1,500n_{1}=1,500 et n2=1,489n_{2}=1,489.

Dispersion intermodale

Une impulsion lumineuse arrive à t=0t=0, au point O sur la fibre précédente de longueur LL, sous la forme d’un faisceau conique convergent d’axe ( OxO x ) et de demi-angle au sommet θi<θmax \theta_{i}<\theta_{\text {max }}.

  1. Quel rayon a la durée de parcours la plus courte ? Déterminer cette durée tmint_{\text{min}} minimale en fonction de L,n1L, n_{1} et cc.

  2. Quel rayon a la durée de parcours la plus longue ? Déterminer cette durée tmaxt_{\text{max}} maximale en fonction de L,n1,cL, n_{1}, c et θi\theta_{i}.

  3. Calculer le retard intermodal Δt\Delta t de cette impulsion à la sortie de la fibre, avec L=10 mL=10 \mathrm{~m} et θi=8\theta_{i}=8^{\circ}.