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Mathématiques - PCSI

Mathématiques - PCSI

Rudiments de logique
ET VOCABULAIRE ENSEMBLISTE

Lycée Lakanal 3 avenue du Pdt Franklin Roosevelt 92330 Sceaux

8 Rudiments de logique et vocabulaire ensembliste.

8.1 Disjonction, conjonction, négation.

Une assertion en mathématique est un énoncé dont on peut dire s’il est vrai ou s’il est faux. Aux énoncés vrais, on assigne la valeur 1 et aux énoncés faux, on assigne la valeur 0 .

En mathématiques, une assertion vraie porte le nom de proposition et selon l’importance de cette proposition au sein de la théorie, elle pourra porter le nom de théorème, corollaire, lemme,...

Conjonction.

Soient p,qp, q deux assertions. Les valeurs logiques prises par l’énoncé « pp ET qq » sont résumées dans la table de vérité

ppqqpETqp \mathrm{ET} q
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L’assertion pETqp \mathrm{ET} q est donc l’énoncé mathématique qui est vrai dans le seul cas où pp et qq sont simultanément vrais.

Disjonction.

Soient p,qp, q deux assertions. Les valeurs logiques prises par l’assertion < pp OU qq » sont résumées dans la table de vérité

ppqqpp OU qq
000
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011
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L’assertion pp OU qq est donc l’énoncé mathématique qui est faux dans le seul cas où pp et qq sont simultanément faux. Autrement dit, pp OU qq est vrai dès que l’un au moins des énoncés pp ou qq est vrai.

Remarque. En logique mathématique, l’assertion « pp OU qq » n’exprime pas que pp et qq s’excluent mutuellement: « pp OU qq » ne dit pas que l’on ne peut avoir à la fois pp et qq. En géométrie, un triange isocèle est un triangle ayant deux côtés égaux ou deux angles égaux : il est impossible ici que le ou soit exclusif. Une fonction monotone est une fonction croissante ou décroissante : les fonctions constantes sont monotones et elles sont à la fois croissantes et décroissantes.

Propriété. Soient p,qp, q et rr trois assertions. On a les propriétés de distributivité suivantes :

 (1): (pOUq)ETr=(pETr)OU(qETr) (2): (pETq)OUr=(pOUr)ET(qOUr)\begin{aligned} & \text { (1): }(p \mathrm{OU} q) \mathrm{ET} r=(p \mathrm{ET} r) \mathrm{OU}(q \mathrm{ET} r) \\ & \text { (2): }(p \mathrm{ET} q) \mathrm{OU} r=(p \mathrm{OU} r) \mathrm{ET}(q \mathrm{OU} r) \end{aligned}

Négation.

Soit pp une assertion. Les valeurs logiques prises par la négation de pp sont résumées dans la table de vérité :

pnon p
01
10

L’assertion NON p-p est vraie dans le seul cas où l’assertion pp est fausse. Remarques. (1) NON (NONp)=p-(\mathrm{NON}-p)=p (2) L’assertion ( NONp\mathrm{NON}-p ) OU pp est vraie, quelle que soit l’assertion pp : c’est le principe du tiers exclu. (3) L’assertion ( NON p-p ) ET pp est fausse, quelle que soit l’assertion pp : c’est le principe de non contradiction.

Lois de De Morgan. Soient pp et qq deux assertions. La négation de l’assertion « pp ET qq » est l’assertion « ( NONp\mathrm{NON}-p ) OU(NONq)\mathrm{OU}(\mathrm{NON}-q) ». La négation de l’assertion «p OU qq » est l’assertion « ( NON p-p ) ET ( NON q-q )».

Exercice 1. Soient a,b,ca, b, c trois réels. Quelle est la négation de a=b=ca=b=c ? Quelle est la négation de abca \leq b \leq c ?

Exercice 2. Résoudre dans R2\mathbb{R}^{2} le système {(x1)(y2)=0(x3)(y1)=0\left\{\begin{array}{l}(x-1)(y-2)=0 \\ (x-3)(y-1)=0\end{array}\right.

Implication et équivalence

Dans le langage courant, on formule une implication à l’aide des mots «si, alors» et la connexion entre les propositions jointes n’est pas toujours facile à caractériser. Souvent, il s’agit d’une cause qui implique une conséquence comme dans «s’il pleut alors le sol est mouillé. » Les implications du langage courant sont ainsi plus restreintes.

En logique mathématique, une implication est un énoncé obtenu en joignant deux assertions sans qu’il existe une forme de connexion «psychologique» entre elles, et dont la valeur logique dépend exclusivement de celles des assertions mises en relation. On exclut en mathématique, que d’une assertion vraie il puisse découler une assertion fausse et on pose donc qu’une implication mathématique «si pp alors qq » est fausse dans le seul cas où « pp est vraie et qq est fausse. »

Implication. Etant donnés deux assertions p,qp, q, l’implication de qq par pp notée pqp \rightarrow q est l’énoncé ( (NONp)OUq(\mathrm{NON}-p) \mathrm{OU} q ). Cet énoncé est faux dans le seul cas où pp est vrai et qq est faux. Les valeurs logiques prises par l’implication de qq par pp sont résumées dans la table de vérité

pqpq\mathrm{p} \longrightarrow \mathrm{q}
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111

La négation de pqp \longrightarrow q est l’énoncé ( pETp \mathrm{ET} ( NON q-q )).

Lorsque pqp \longrightarrow q est un énoncé vrai, on note pqp \Longrightarrow q et on dit :

«si pp alors qq » ou « pp entraîne qq » ou « pp implique qq » ou « qq est une condition nécessaire de pp » ou p\ll p est une condition suffisante de q>q> ou «il suffit d’avoir pp pour avoir qq » ou «il faut avoir qq pour avoir pp. »

Exemples. (1) Soit ff une fonction définie sur R\mathbb{R}. Si pp est l’énoncé : « la fonction ff est dérivable sur R\mathbb{R} » et qq est « la fonction ff est continue sur R>\mathbb{R}>, l’implication de qq par pp est vraie donc pqp \Longrightarrow q. (2) Si pp est l’énoncé : « N=13423467718147N=13423467718147 est un nombre premier» et qq est « 2 est un nombre pair \gg, l’implication de qq par pp est vraie donc on peut écrire pqp \Longrightarrow q. (3) Si pp est l’énoncé : «la somme des angles d’un triangle est de 400 degrés» et qq est « tous les triangles sont isocèles », l’implication de qq par pp est aussi vraie donc pqp \Longrightarrow q.

Remarque. (1) D’après la table de vérité de pqp \longrightarrow q, on voit que l’implication pqp \longrightarrow q est vraie lorsque qq est vraie mais sans que pp soit vraie. On voit aussi que l’implication pqp \longrightarrow q est vraie lorsque pp est fausse, peu importe que l’assertion qq soit vraie ou fausse.

L’implication mathématique pqp \rightarrow q peut donc être vraie sans qu’il y ait un quelconque rapport de cause à effet entre pp et qq. (2) Affirmer « si pp alors qq » ne signifie pas que pp ou qq soit vraie. Il s’agit d’une formule reliant logiquement deux assertions pp et qq sans que les valeurs logiques de l’une ou l’autre soient déterminées.

Prenons, par exemple, pour pp l’assertion «il fait jour» et pour q l’assertion «il fait clair. » — Lorsque l’on dit «s’il fait jour alors il fait clair», on souligne seulement le rapport d’implication entre pp et qq. — Lorsque l’on dit «puisqu’il fait jour, il fait clair», on signifie par là non seulement le rapport d’implication entre les deux assertions mais on indique également que pp est vraie, ce qui correspond à l’enchainement « pp est vraie et ( pqp \longrightarrow q ) est vraie, donc qq est vraie» qui permet de déduire qq à partir de pp.

Il faut donc distinguer «implication» et « déduction. »

On prendra garde à ne pas considérer ⟹ comme un raccourci pour «donc. » Il n’en a pas le sens !

Exercice 3. Soient p,q,rp, q, r trois assertions. Former la table de vérité de

((pq)ET(qr))(pr).((p \longrightarrow q) \mathrm{ET}(q \longrightarrow r)) \longrightarrow(p \longrightarrow r) .

Equivalence. Etant donnés deux énoncés mathématiques p,qp, q, l’équivalence de pp et qq noté pqp \longleftrightarrow q est l’énoncé ( pqp \longrightarrow q ) ET ( qpq \longrightarrow p ). Cet énoncé est vrai dans les deux seuls cas où pp et qq sont simultanément vrais ou simultanément faux. Les valeurs logiques prises par l’équivalence de pp et qq sont résumées dans la table de vérité

pqpq\mathrm{p} \longleftrightarrow \mathrm{q}
001
100
010
111

Si pqp \Longrightarrow q est un théorème (ie. pqp \longrightarrow q est vrai), alors qpq \Longrightarrow p est l’implication réciproque (qui n’est pas toujours vrai). Si le théorème et sa réciproque sont vrais, on dit que les énoncés pp et qq sont équivalents et on note pqp \Longleftrightarrow q. On dit alors

« pp équivaut à qq » ou " pp si et seulement si qq » ou « il faut et il suffit d’avoir pp pour avoir qq » ou « pp est une condition nécessaire et suffisante de qq ».

Principe de contrapositon. Pour prouver un énoncé de type «si pp alors qq », il faut et il suffit de prouver l’énoncé «si ( NON - q) alors ( NON - p). L’énoncé ((NONq)(NONq))((\mathrm{NON}-q) \longrightarrow(\mathrm{NON}-q)) s’ appelle implication contraposée de pqp \longrightarrow q. On a donc l’équivalence

(pq)( non q non p)(p \Longrightarrow q) \Longleftrightarrow(\text { non }-q \Longrightarrow \text { non }-p)

Remarque. La phrase « pp seulement si qq » est à comprendre dans le sens «si NON- qq alors NON - pp » qui est donc une formulation équivalente de «si pp alors qq. »

Exemple. Pour tout nNn \in \mathbb{N}, si n2n^{2} est pair alors nn est pair.

8.2 Définition d’un ensemble. Relation d’appartenance. Inclusion.

Un ensemble peut être défini de deux manières : soit en précisant ses éléments, soit en indiquant une propriété commune vérifiée par ses éléments.

Par exemple, l’ensemble U3\mathbb{U}_{3} des racines cubiques de l’unité peut être défini par :

U3={zCz3=1} ou U3={1,j,j2}\mathbb{U}_{3}=\left\{z \in \mathbb{C} \mid z^{3}=1\right\} \text { ou } \mathbb{U}_{3}=\left\{1, j, j^{2}\right\}

jj désigne le nombre e2iπ3\mathrm{e}^{\frac{2 i \pi}{3}}.

8.2.1 Définition d’un ensemble par extension.

Un ensemble est entièrement déterminé par ses éléments. On peut alors noter les éléments séparés par une virgule et on «enferme» le tout entre deux accolades.

Exemples. (1) L’ensemble des lettres de l’alphabet : L={a,b,c,d,e,f,,x,y,z}L=\{a, b, c, d, e, f, \ldots, x, y, z\}. (2) Si nn est un entier naturel non nul, l’ensemble des restes «modulo n»:R(n)={0,1,2,,n1}n »: R(n)= \{0,1,2, \ldots, n-1\},

(3) L’ensemble des entiers pairs est 2Z={2kkZ}2 \mathbb{Z}=\{2 k \mid k \in \mathbb{Z}\}. (4) L’ensemble des rationnels est Q={pqpZ,qN}\mathbb{Q}=\left\{\left.\frac{p}{q} \right\rvert\, p \in \mathbb{Z}, q \in \mathbb{N}^{*}\right\}.

Remarques. (1) L’ordre dans lequel on écrit les éléments d’un ensemble entre les accolades n’a pas d’importance. (2) La répétition d’un élément dans la notation d’un ensemble n’augmente pas l’ensemble en question : par exemple, {a,a,a,b,b,c}={a,b,c}\{a, a, a, b, b, c\}=\{a, b, c\}.

Définition. Un ensemble admettant un seul élément est appelé un singleton. Un ensemble admettant exactement deux éléments s’appelle une paire.

Remarque. Soit aa un élément d’un ensemble. Il ne faut pas confondre l’élément aa et le singleton {a}\{a\}.

8.2.2 Définition d’un ensemble par sélection (ou compréhension).

Soit P\mathscr{P} une formule mathématique quelconque définie sur un univers U\mathcal{U}, pouvant être valable ou non pour tous les éléments de U\mathcal{U}. On appelle xx l’élément générique ou la variable parcourant l’univers U\mathcal{U} et on notera P(x)\mathscr{P}(x) la formule obtenue pour l’élément xx. On dit que P(x)\mathscr{P}(x) est un prédicat à une variable. Par exemple, (1) P(x):<xx+1x\mathscr{P}(x):<x \leq \sqrt{x}+\frac{1}{\sqrt{x}} \gg définit un prédicat défini sur U=]0,+[\left.\mathcal{U}=\right] 0,+\infty[, (2) P(x):<x2+1\mathscr{P}(x):<-x^{2}+1 est un multiple entier de 44 \gg définit un prédicat défini sur U=Z\mathcal{U}=\mathbb{Z}, (3) P(x):\mathscr{P}(x): « xx est dérivable sur l’intervalle II » est un prédicat défini sur l’ensemble U\mathcal{U} des fonctions de II dans R\mathbb{R}, noté F(I,R)\mathscr{F}(I, \mathbb{R}).

Un ensemble 1{ }^{1} peut alors être défini par les éléments de U\mathcal{U} partageant une même propriété P\mathscr{P}. Si on appelle AA cet ensemble, on notera

A={xUP(x)}A=\{x \in \mathcal{U} \mid \mathscr{P}(x)\}

( AA est l’ensemble des éléments xx appartenant à U\mathcal{U} tels que P(x)\mathscr{P}(x) est une assertion vraie.) Exemples. (1) L’ensemble des entiers pairs est 2Z={mZkZ,m=2k}2 \mathbb{Z}=\{m \in \mathbb{Z} \mid \exists k \in \mathbb{Z}, m=2 k\}. (1) 2πZ={xReix=1}2 \pi \mathbb{Z}=\left\{x \in \mathbb{R} \mid \mathrm{e}^{i x}=1\right\}.

Dans la suite EE est un ensemble, par exemple N,Z,Q,R\mathbb{N}, \mathbb{Z}, \mathbb{Q}, \mathbb{R} ou C\mathbb{C}.

8.2.3 Relation d’appartenance

Exemple. Soit D(R,R)\mathcal{D}(\mathbb{R}, \mathbb{R}) l’ensemble des fonctions dérivables sur R\mathbb{R}. Vous savez que exp, sin\sin, cos sont dérivables sur R\mathbb{R}. On écrira donc

expD(R,R),sinD(R,R),cosD(R,R)\exp \in \mathcal{D}(\mathbb{R}, \mathbb{R}), \sin \in \mathcal{D}(\mathbb{R}, \mathbb{R}), \cos \in \mathcal{D}(\mathbb{R}, \mathbb{R})

En revanche, la fonction abs : xRxx \in \mathbb{R} \mapsto|x| n’est pas dérivable en 0 . On écrira donc abs D(R,R)\notin \mathcal{D}(\mathbb{R}, \mathbb{R}).

8.2.4 Inclusion

Exemples. (1) NZQRC\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R} \subset \mathbb{C}. (2) On note C(R,R)C(\mathbb{R}, \mathbb{R}) l’ensemble des fonctions continues sur R\mathbb{R} à valeurs réelles. Toute fonction dérivable sur R\mathbb{R} étant continue sur R\mathbb{R}, on peut écrire D(R,R)C(R,R)\mathcal{D}(\mathbb{R}, \mathbb{R}) \subset C(\mathbb{R}, \mathbb{R}).

Egalité de deux ensembles. Soient A,BA, B deux ensembles. On a l’équivalence suivante :

A=BAB et BAA=B \Longleftrightarrow A \subset B \text { et } B \subset A

Pour montrer l’égalité entre deux ensembles, on montrera que l’un est inclus dans l’autre et que l’inclusion réciproque est vraie aussi.

Remarque. Il ne faut pas confondre les symboles \in et \subset : si A={1,2,3,6}A=\{1, \sqrt{2}, \sqrt{3}, \sqrt{6}\}, on note 2A\sqrt{2} \in A mais {2}A\{\sqrt{2}\} \subset A.

Définition. Il existe un ensemble unique noté \varnothing et appelé ensemble vide. Cet ensemble vide est inclus dans tout ensemble XX.

Remarque. On note aussi ={}\varnothing=\{ \}.

Exercice 4. Soit nNn \in \mathbb{N}^{*} tel que n2n \geq 2. Former un ensemble XX possédant nn éléments tel que de deux éléments pris quelconque dans XX, l’un est élément de l’autre.

Exercice 5. Former un ensemble non vide XX tel que chacun des éléments de XX sont aussi des sous-ensembles de XX.

8.3 Quantificateurs

Le langage mathématique se distingue du langage courant par l’emploi de variables. Dans une assertion mathématique, il peut intervenir des ensembles ( N,R,C,\mathbb{N}, \mathbb{R}, \mathbb{C}, \ldots ), des constantes (0,π,e,2,)(0, \pi, \mathrm{e}, \sqrt{2}, \ldots), des variables (x,y,z,t,)(x, y, z, t, \ldots), des opérations (+,×,,,)(+, \times, \cap, \cup, \ldots), des relations (=,,<,)(=, \leq,<, \ldots), des symboles (,,,,)(\forall, \exists, \Longrightarrow, \Longleftrightarrow, \ldots). Mais des phrases telles que « x2=1x^{2}=-1 » ou « f(x)f(y)f(x)-f(y) est positif» ne sont pas des assertions car elles sont incomplètes : on ne peut dire si elles sont vraies ou fausses. Que leur manque-t-il ? Les deux énoncés ci-dessus comportent des variables qui doivent être quantifiées. Dans la suite EE désigne un ensemble et AA une partie de EE définie par une propriété P\mathscr{P} :

A={xEP(x)}.A=\{x \in E \mid \mathscr{P}(x)\} .

8.3.1 Quantificateur existentiel

Dire que l’ensemble AA est non vide signifie qu’il contient au moins un élément vérifiant la propriété P\mathscr{P}. On dit alors : « il existe xEx \in E vérifiant P(x)»\mathscr{P}(x) » et on note

xE,P(x).\exists x \in E, \mathscr{P}(x) .

Exemple. Considérons le prédicat P(x)\mathscr{P}(x) : « xx est un entier naturel pair et premier » et l’ensemble A={xNP(x)}A=\{x \in \mathbb{N} \mid \mathscr{P}(x)\}.

Comme AA est non vide, (en effet 2A2 \in A ), on peut écrire :

xN,x est pair et premier. \exists x \in \mathbb{N}, x \text { est pair et premier. }

8.3.2 Quantificateur universel

Dire que l’ensemble AA est l’ensemble EE tout entier signifie que tous les éléments de EE vérifient la propriété P\mathscr{P}.

xE,P(x).\forall x \in E, \mathscr{P}(x) .

Exemple. Considérons le prédicat P(x)\mathscr{P}(x) : « x20x^{2} \geq 0 » et l’ensemble A={xRP(x)}A=\{x \in \mathbb{R} \mid \mathscr{P}(x)\}. Comme AA est l’ensemble R\mathbb{R} tout entier, on peut écrire :

xR,x20.\forall x \in \mathbb{R}, x^{2} \geq 0 .

Remarque. Les formules (xE)(P(x))(\forall x \in E)(\mathscr{P}(x)) et (xE)(P(x))(\exists x \in E)(\mathscr{P}(x)) sont des assertions qui peuvent être vraies ou fausses, indépendamment de la valeur attribuée à xx. On pourrait remplacer xx par n’importe quelle autre lettre y,z,t,y, z, t, \ldots sans changer le sens de l’assertion. On dit que les assertions « (xE)(P(x))»(\forall x \in E)(\mathscr{P}(x)) » et « (xE)(P(x))»(\exists x \in E)(\mathscr{P}(x)) » ne dépendent pas de la variable xx ou encore que la variable xx est muette dans ces formules.

Les symboles ,\forall, \exists ne sont pas des abréviations pour les expressions « quel que soit, il existe» mais des symboles soumis à des règles d’emploi strictes.

8.3.3 Manipulation des quantificateurs

Règle 1. Permuter deux quantificateurs de même nature ne change pas le sens de la phrase.

Ainsi, écrire (xE)(yE)(P(x,y))>\ll(\exists x \in E)(\exists y \in E)(\mathscr{P}(x, y))> revient au même que <(yE)(xE)(P(x,y))<(\exists y \in E)(\exists x \in E)(\mathscr{P}(x, y)). » De même, écrire (xE)(yE)(P(x,y))>\ll(\forall x \in E)(\forall y \in E)(\mathscr{P}(x, y))> revient au même que <(yE)(xE)(P(x,y))<(\forall y \in E)(\forall x \in E)(\mathscr{P}(x, y)). »

Permuter deux quantificateurs différents change en général le sens de la phrase.

Exemple. L’assertion : <(xR)(yR)(y<x)><(\forall x \in \mathbb{R})(\exists y \in \mathbb{R})(y<x)> est vraie puisque un réel étant fixé, on peut toujours trouver un plus petit que ce réel. Par contre l’assertion : <(yR)(xR)(y<x)><(\exists y \in \mathbb{R})(\forall x \in \mathbb{R})(y<x)> est fausse puisque elle signifie qu’il existe un réel qui est strictement plus petit que n’importe quel nombre réel.

Exemple. L’assertion : (xR)(yR)(x=y3)\left\langle(\forall x \in \mathbb{R})(\exists y \in \mathbb{R})\left(x=y^{3}\right)\right\rangle est vraie puisque tout nombre réel admet une racine cubique. Par contre l’assertion : « (yR)(xR)(x=y3)»(\exists y \in \mathbb{R})(\forall x \in \mathbb{R})\left(x=y^{3}\right) » signifie qu’il existe un réel dont le cube est égal à n’importe quel nombre réel, et impliquerait que R\mathbb{R} ne contient qu’un seul élément, ce qui est faux.

Règle 2. <(xE)(P(x)<(\forall x \in E)(\mathscr{P}(x) et Q(x))>\mathscr{Q}(x))> revient à <((xE)(P(x)))<((\forall x \in E)(\mathscr{P}(x))) et ((xE)(Q(x)))>((\forall x \in E)(\mathscr{Q}(x)))>

Règle 3. « (xE)(P(x)(\exists x \in E)(\mathscr{P}(x) ou Q(x))»\mathscr{Q}(x)) » revient à <((xE)(P(x)))<((\exists x \in E)(\mathscr{P}(x))) ou ((xE)(Q(x)))>((\exists x \in E)(\mathscr{Q}(x)))>

L’assertion <(xE)(P(x)<(\exists x \in E)(\mathscr{P}(x) et Q(x))>\mathscr{Q}(x))> implique <((xE)(P(x)))<((\exists x \in E)(\mathscr{P}(x))) et ((xE)(Q(x)))»((\exists x \in E)(\mathscr{Q}(x))) » mais la réciproque est fausse comme le montre l’exemple suivant.

Exemple. On considère les prédicats suivants P(x):<x-\mathscr{P}(x):<x est un entier naturel pair»; Q(x):<x-\mathscr{Q}(x):<x est un entier naturel impair. » L’assertion <((xN)(P(x)))<((\exists x \in \mathbb{N})(\mathscr{P}(x))) et ((xN)(Q(x)))>((\exists x \in \mathbb{N})(\mathscr{Q}(x)))> est vraie mais l’assertion (xN)(P(x)\ll(\exists x \in \mathbb{N})(\mathscr{P}(x) et Q(x))\mathscr{Q}(x)) » est fausse puisque un entier ne peut être à la fois pair et impair.

L’assertion <((xE)(P(x)))<((\forall x \in E)(\mathscr{P}(x))) ou ((xE)(Q(x)))>((\forall x \in E)(\mathscr{Q}(x)))> implique <(xE)(P(x)<(\forall x \in E)(\mathscr{P}(x) ou Q(x))»\mathscr{Q}(x)) » mais la réciproque est fausse comme le montre l’exemple suivant.

Exemple. On considère les propriétés suivantes P(x):<x-\mathscr{P}(x):<x est un entier naturel pair»; Q(x):-\mathscr{Q}(x): « xx est un entier naturel impair».

L’assertion (xN)(P(x)\ll(\forall x \in \mathbb{N})(\mathscr{P}(x) ou Q(x))>\mathscr{Q}(x))> est vraie mais l’assertion ((xN)(P(x)))\ll((\forall x \in \mathbb{N})(\mathscr{P}(x))) ou ((xN)(Q(x)))((\forall x \in \mathbb{N})(\mathscr{Q}(x))) » est fausse puisque les entiers n’ ont pas tous la même parité.

Exercice 6. Déterminer les fonctions continues f:RRf: \mathbb{R} \rightarrow \mathbb{R} telles que :

xR,cos(f(x))=sin(f(x))\forall x \in \mathbb{R}, \cos (f(x))=\sin (f(x))

Exercice 7. Traduire sous forme quantifiée, les phrases suivantes (1) «on peut trouver un entier supérieur à n’importe quel rationnel strictement positif.» (2) «tout nombre complexe admet au moins une racine carrée dans C\mathbb{C} » (3) «le module de la différence de deux nombres complexe est toujours supérieur ou égal à la différence des modules de ces deux nombres » (4) «La fonction ff s’ annule sur tout intervalle de longueur 2π2 \pi.» (5) «La fonction ff s’annule sur R\mathbb{R} » (6) «La fonction ff est nulle sur R\mathbb{R} » (7) «La suite (un)nN\left(u_{n}\right)_{n \in \mathbb{N}} n’est pas majorée.»

Exercice 8. Traduire en langage courant la phrase suivante :

(xE)(yE)(zE)((xy) et (z=x ou z=y))(\exists x \in E)(\exists y \in E)(\forall z \in E)((x \neq y) \text { et }(z=x \text { ou } z=y))

Règle 4. La négation d’une propriété contenant un certain nombre de quantificateurs \forall et \exists s’ obtient en remplaçant chaque quantificateur \forall par le quantificateur \exists et vice-versa, et la propriété P\mathscr{P} par la propriété (non P\mathscr{P} ).

Exercice 9. Soient A,BA, B deux ensembles. Quelle est la négation de ABA \subset B sous forme quantifiée ?

Exercice 10. Soit f:RRf: \mathbb{R} \longrightarrow \mathbb{R} une fonction. Dire que la fonction ff est croissante se traduit par

(xR)(yR)(xyf(x)f(y))(\forall x \in \mathbb{R})(\forall y \in \mathbb{R})(x \leq y \Longrightarrow f(x) \leq f(y))

Nier cette assertion.

Exercice 11. Donner sous forme quantifiée, la négation de la phrase suivante «il existe des réels distincts ayant le même cube. »

Exercice 12. Soit (un)nN\left(u_{n}\right)_{n \in \mathbb{N}} une suite de réels. Dire que la suite (un)nN\left(u_{n}\right)_{n \in \mathbb{N}} converge vers un nombre réel \ell se traduit par

(ε>0)(NN)(nN)(nNunε)(\forall \varepsilon>0)(\exists N \in \mathbb{N})(\forall n \in \mathbb{N})\left(n \geq N \Longrightarrow\left|u_{n}-\ell\right| \leq \varepsilon\right)

Nier cette assertion.

8.4 Opérations ensemblistes : intersection, union, complémentaire.

8.4.1 Ensemble des parties.

A:AEAP(E).\forall A: A \subset E \Longleftrightarrow A \in \mathscr{P}(E) .

Exemples. (1) Si E={0,1,2}E=\{0,1,2\} alors P(E)={,{0},{1},{2},{0,1},{0,2},{1,2},E}\mathscr{P}(E)=\{\varnothing,\{0\},\{1\},\{2\},\{0,1\},\{0,2\},\{1,2\}, E\} (2) Si E=E=\varnothing alors P(E)={}\mathscr{P}(E)=\{\varnothing\} (3) Si E={}E=\{\varnothing\} alors P(E)={,{}}\mathscr{P}(E)=\{\varnothing,\{\varnothing\}\} (4) Si E={,{}}E=\{\varnothing,\{\varnothing\}\} alors P(E)={,{},{{}},{,{}}}\mathscr{P}(E)=\{\varnothing,\{\varnothing\},\{\{\varnothing\}\},\{\varnothing,\{\varnothing\}\}\} (5) Si E={,{},{{}}}E=\{\varnothing,\{\varnothing\},\{\{\varnothing\}\}\} alors P(E)=\mathscr{P}(E)=\cdots

Dans P(E)\mathscr{P}(E), on définit les opérations suivantes : intersection, union, passage au complémentaire. Soient AA et BB deux sous-ensembles de EE.

- Intersection.

L’intersection de AA et BB, notée ABA \cap B, est l’ensemble des éléments qui appartiennent à la fois à AA et à BB.

AB={xExAETxB}A \cap B=\{x \in E \mid x \in A \mathbf{E T} x \in B\}

On a donc l’équivalence suivante :

xE:xAB(xAETxB)\forall x \in E: x \in A \cap B \Longleftrightarrow(x \in A \mathrm{ET} x \in B)

- Union.

L’union de AA et BB, notée ABA \cup B, est l’ensemble des éléments qui appartiennent à AA ou à BB.

AB={xExA OU xB}A \cup B=\{x \in E \mid x \in A \text { OU } x \in B\}

On a donc l’équivalence suivante :

xE:xAB(xA OU xB)\forall x \in E: x \in A \cup B \Longleftrightarrow(x \in A \text { OU } x \in B)

- Passage au complémentaire.

Le complémentaire de AA dans EE noté □ CEAC_{E}^{A} ou Aˉ\bar{A} ou E\AE \backslash A est l’ensemble des éléments de EE qui n’appartiennent pas à AA.

CEA={xExA}C_{E}^{A}=\{x \in E \mid x \notin A\}

On a donc l’équivalence suivante :

xE:xCEAxA\forall x \in E: x \in C_{E}^{A} \Longleftrightarrow x \notin A

Exemples. Prenons E=CE=\mathbb{C}

Définition. Lorsque AB=A \cap B=\varnothing, on dit que AA et BB sont disjoints.

Proposition. Soient A,B,CA, B, C trois parties d’un ensemble EE. (1) Si ABA \subset B alors AB=BA \cup B=B (2) Si ABA \subset B alors AB=AA \cap B=A (3) A(BC)=(AB)CA \cup(B \cup C)=(A \cup B) \cup C (4) A(BC)=(AB)CA \cap(B \cap C)=(A \cap B) \cap C (5) AB=BAA \cup B=B \cup A et AB=BAA \cap B=B \cap A

Proposition. Soient A,B,CA, B, C trois parties de EE. (1) A(BC)=(AB)(AC)A \cap(B \cup C)=(A \cap B) \cup(A \cap C) (2) A(BC)=(AB)(AC)A \cup(B \cap C)=(A \cup B) \cap(A \cup C) (3) CEAB=CEACEBC_{E}^{A \cap B}=C_{E}^{A} \cup C_{E}^{B} (4) CEAB=CEACEBC_{E}^{A \cup B}=C_{E}^{A} \cap C_{E}^{B}

8.4.2 Produit cartésien

Définition. Soient A,BA, B deux ensembles. On appelle produit cartésien de AA et BB, noté A×BA \times B (on prononce « AA croix BB »), l’ensemble formé des couples déléments de AA et BB pris dans cet ordre :

A×B={(a,b)aA,bB}A \times B=\{(a, b) \mid a \in A, b \in B\}

Remarques. (1) Soient a,aa, a^{\prime} des éléments pris dans un ensemble AA et et b,bb, b^{\prime} des éléments pris dans un ensemble BB.

On a l’équivalence : (a,b)=(a,b)(a=aETb=b)(a, b)=\left(a^{\prime}, b^{\prime}\right) \Longleftrightarrow\left(a=a^{\prime} \mathbf{E T} b=b^{\prime}\right). (2) Il ne faut pas confondre le couple (a,b)(a, b) et la paire {a,b}:l\{a, b\}: l 'ordre de notation des éléments n’a pas d’importance dans la paire {a,b}={b,a}\{a, b\}=\{b, a\} tandis qu’il est essentiel dans le couple (a,b)(a, b) puisque si aba \neq b, les couples (a,b)(a, b) et (b,a)(b, a) sont distincts. (3) Soient A,BA, B deux ensembles. On a l’équivalence :

A×B=(A= OU B=)A \times B=\varnothing \Longleftrightarrow(A=\varnothing \text { OU } B=\varnothing)

Exemple. Avec A={1,2}A=\{1,2\} et B={3,4,5}B=\{3,4,5\}, on a

A×B={(1,3),(1,4),(1,5),(2,3),(2,4),(2,5)}A \times B=\{(1,3),(1,4),(1,5),(2,3),(2,4),(2,5)\}
B×A={(3,1),(3,2),(4,1),(4,2),(5,1),(5,6)}B \times A=\{(3,1),(3,2),(4,1),(4,2),(5,1),(5,6)\}

En général, A×BA \times B n’est pas égal à B×AB \times A.

A×B={(1,3),(1,4),(1,5),(2,3),(2,4),(2,5)}A \times B=\{(1,3),(1,4),(1,5),(2,3),(2,4),(2,5)\}
B×A={(3,1),(3,2),(4,1),(4,2),(5,1),(5,2)}B \times A=\{(3,1),(3,2),(4,1),(4,2),(5,1),(5,2)\}

Exemple. Autre exemple, (2,45)R×Q\left(\sqrt{2}, \frac{4}{5}\right) \in \mathbb{R} \times \mathbb{Q} mais (45,2)R×Q\left(\frac{4}{5}, \sqrt{2}\right) \notin \mathbb{R} \times \mathbb{Q}.

Le produit cartésien A×AA \times A est noté A2A^{2}. De façon plus générale, soit nNn \in \mathbb{N}^{*} et A1,A2,,AnA_{1}, A_{2}, \ldots, A_{n} des ensembles, le produit cartésien de A1,A2,,AnA_{1}, A_{2}, \ldots, A_{n} noté A1×A2××AnA_{1} \times A_{2} \times \cdots \times A_{n}, est l’ensemble

A1×A2××An={(ai,a2,,an)i1,n,aiAi}A_{1} \times A_{2} \times \cdots \times A_{n}=\left\{\left(a_{i}, a_{2}, \ldots, a_{n}\right) \mid \forall i \in \llbracket 1, n \rrbracket, a_{i} \in A_{i}\right\}

Un élément de cet ensemble s’appelle un nn-uplet. Le produit cartésien A×A××An facteurs \underbrace{A \times A \times \cdots \times A}_{n \text { facteurs }} est noté AnA^{n}. Un élément de AnA^{n} s’ appelle une nn-liste d’éléments de AA.

8.5 Opérations ensemblistes et connecteurs logiques.

8.5.1 Négation

Considérons un ensemble AA défini par une propriété P\mathscr{P} :

A={xEP(x)}A=\{x \in E \mid \mathscr{P}(x)\}

Cet ensemble possède un complémentaire dans EE qui est lui même défini par une propriété qui est la négation de P:NONP\mathscr{P}: N O N-\mathscr{P},

CEA={xE NON P(x)}C_{E}^{A}=\{x \in E \mid \text { NON }-\mathscr{P}(x)\}

Exemples. (1) Si P(x)\mathscr{P}(x) est « xx est un entier pair» alors NON P(x)-\mathscr{P}(x) est x\ll x est un entier impair ». (2) Si P(x)\mathscr{P}(x) est « xx est un réel solution de x21<2x>x^{2}-1<2 x> alors NON P(x)-\mathscr{P}(x) est « xx est un réel solution de x212xx^{2}-1 \geq 2 x \gg.

8.5.2 Conjonction

Considérons deux ensembles AA et BB définis respectivement par les propriétés P,Q\mathcal{P}, Q :

A={xEP(x)},B={xEQ(x)}A=\{x \in E \mid \mathscr{P}(x)\}, \quad B=\{x \in E \mid \mathscr{Q}(x)\}

L’ ensemble ABA \cap B est lui même défini par une propriété qui est la conjonction de P\mathscr{P} et Q:P\mathscr{Q}: \mathscr{P} ET Q\mathscr{Q},

AB={xEP(x) ET Q(x)}A \cap B=\{x \in E \mid \mathscr{P}(x) \text { ET } \mathscr{Q}(x)\}

Exemples. (1) Si P(x)\mathscr{P}(x) est « xx est un entier pair» et Q(x)\mathscr{Q}(x) est « xx est un entier multiple de 33 \gg alors P(x)\mathscr{P}(x) et Q(x)\mathscr{Q}(x) est « xx est un entier multiple de 6>6>. (2) Si P(x)\mathscr{P}(x) est x\ll x est un réel solution de x21<2>Q(x)x^{2}-1<2>\mathscr{Q}(x) est « xx est un réel solution de x2+1>2x^{2}+1>2 \gg alors P(x)\mathscr{P}(x) et Q(x)\mathscr{Q}(x) est <x<x est un réel solution de 1<x2<31<x^{2}<3

8.5.3 Disjonction

Considérons deux ensembles AA et BB définis respectivement par les propriétés P,Q\mathscr{P}, \mathscr{Q} :

A={xEP(x)},B={xEQ(x)}A=\{x \in E \mid \mathscr{P}(x)\}, \quad B=\{x \in E \mid \mathscr{Q}(x)\}

L’ ensemble ABA \cup B est lui même défini par une propriété qui est la disjonction de P\mathscr{P} et Q:P\mathscr{Q}: \mathscr{P} OU Q\mathscr{Q},

AB={xEP(x) OU Q(x)}A \cup B=\{x \in E \mid \mathscr{P}(x) \text { OU } \mathscr{Q}(x)\}

Exemples. (1) Si P(x)\mathscr{P}(x) est « xx est un entier pair» et Q(x)\mathscr{Q}(x) est « xx est un entier impair» alors P(x)\mathscr{P}(x) ou Q(x)\mathscr{Q}(x) est « xx est un entier. »

16 Rudiments de logique et vocabulaire ensembliste. (2) Si P(x)\mathscr{P}(x) est « xx est un réel vérifiant x0x \leq 0 » Q(x)\mathscr{Q}(x) est « xx est un réel vérifiant x>0x>0 » alors P(x)\mathscr{P}(x) OU Q(x)\mathscr{Q}(x) est « xx est un réel positif ou nul. »

8.6 Modes de raisonnement

On fera attention, dans les raisonnements, à ne pas commettre les erreurs suivantes : (1) commencer une preuve en supposant la conclusion (2) confondre condition nécessaire et condition suffisante (3) donner un (ou des) exemple(s) particulier(s) ne prouve pas un cas général (mais l’expérimentation est utile) ; (4) faire usage de l’équivalence quand elle n’est pas vraie

8.6.1 Raisonnement direct

Montrer PP ou QQ.

On peut établir que l’une des deux assertions est vraie ou encore montrer « si NON PP alors QQ. »

Exercice 13. Soient n,pn, p des entiers naturels. Montrer que npn p est pair ou n2p2n^{2}-p^{2} est multiple de 8.

Montrer si P alors Q.

Le raisonnement doit commencer par «Supposons PP. » et se terminer par «... donc QQ

Montrer P ssi Q.

Il s’agit de démontrer ici une équivalence. Il est possible d’établir une équivalence en raisonnant par équivalence, c’est à dire par un enchainement de propriétés toutes équivalentes à PP jusqu’à obtenir QQ mais ces situations sont assez rares en pratique.

Le raisonnement s’effectue en général en deux étapes : — dans un premier temps, on prouve «si PP alors QQ » (c’-à-d. QQ est une condition nécessaire de PP ), et

On peut commencer par l’une ou par l’autre de ces deux implications mais il arrive souvent que l’une des deux est plus aisée à établir que l’autre.

Exercice 14. Pour tout nNn \in \mathbb{N}^{*}, on note Un\mathbb{U}_{n} l’ensemble des racines nn-èmes de l’unité.

Soient p,qp, q deux entiers naturels non nuls. Montrer que UpUq\mathbb{U}_{p} \subset \mathbb{U}_{q} si et seulement si qq est multiple de pp.

Exercice 15. Soit nNn \in \mathbb{N}^{*}. Montrer que le polynôme Xn+X+1X^{n}+X+1 admet une racine dans U si et seulement si nn est de la forme n=3m+2n=3 m+2mNm \in \mathbb{N}.

Montrer pour tout xE,P(x)x \in E, \mathscr{P}(x).

La démonstration doit commencer par « Soit xE»x \in E » puis il faut établir P(x)\mathscr{P}(x). Lorsque E=NE=\mathbb{N}, on peut aussi envisager le raisonnement par récurrence, développé plus loin.

Montrer pour tout xE,siP(x)x \in E, \mathbf{s i} \mathscr{P}(x) alors Q(x)\mathscr{Q}(x).

La démonstration doit commencer par « Soit xEx \in E tel que P(x)»\mathscr{P}(x) » ou « Soit xEx \in E et supposons P(x)\mathscr{P}(x). » puis il faut établir Q(x)\mathscr{Q}(x).

Montrer qu’il existe xEx \in E tel que P(x)\mathscr{P}(x). Il s’agit ici d’une question existentielle et suivant la nature de P(x)\mathscr{P}(x), il y a plusieurs approches possibles. (1) On peut penser à appliquer un théorème ou une propriété du cours qui conclut à une existence comme le théorème des valeurs intermédiaires, le théorème de Rolle ou des accroissements finis, la surjectivité d’une application, le théorème de d’Alembert-Gauss, etc. (2) On peut aussi chercher à construire un élément xx qui convient en procédant par analyse-synthèse : — dans un premier temps, c’est la phase «analyse», on suppose que l’élément xx vérifiant P(x)\mathscr{P}(x) existe bien et on cherche des propriétés qui permettent de dégager ou mettre en évidence la construction d’un xx qui convienne; si vous faites figurer cette étape dans votre composition, il faudra l’indiquer clairement afin que le correcteur ne se méprenne pas en écrivant «Analyse. Supposons qu’il existe xEx \in E tel que P(x)\mathscr{P}(x) \ldots »

 «Syntheˋse. On pose x= » \text { «Synthèse. On pose } x=\ldots \ldots \text { » }

S’il faut prouver l’unicité aussi, cela peut être fait indépendamment de l’existence ou alors être obtenu dans la phase d’analyse.

Exercice 16. Trouver les fonctions f:CCf: \mathbb{C} \longrightarrow \mathbb{C} vérifiant

zC,f(z)+zf(1z)=1+z\forall z \in \mathbb{C}, \quad f(z)+z f(1-z)=1+z

Exercice 17. Résoudre dans R\mathbb{R} l’équation : 41x4+41+x4=4\sqrt[4]{41-x}+\sqrt[4]{41+x}=4.

8.6.2 Raisonnements indirects

Raisonnement par l’absurde. Pour montrer PP en raisonnant par l’absurde, on commence par écrire «Supposons, par l’absurde, que PP est fausse. »

On trouve une propriété QQ telle que QQ et NONQ\mathrm{NON}-Q soient vraies simultanément, aboutissant ainsi à une contradiction.

Il est important de bien dégager la négation de PP pour mener à bien ce type de raisonnement.

Exercice 18. Montrer que 2+3\sqrt{2}+\sqrt{3} est irrationnel.

Exercice 19. On admet, pour tout entier nNn \in \mathbb{N}^{*}, l’encadrement

1+12!++1n!<e<1+12!++1n!+1n×n!1+\frac{1}{2!}+\cdots+\frac{1}{n!}<e<1+\frac{1}{2!}+\cdots+\frac{1}{n!}+\frac{1}{n \times n!}

Montrer que e est irrationnel.

Exercice 20. Montrer que l’ensemble {(x,y)R2x2+y21}\left\{(x, y) \in \mathbb{R}^{2} \mid x^{2}+y^{2} \leq 1\right\} n’est pas le produit cartésien de deux ensembles.

Raisonnement par contraposée. Pour montrer «si PP alors QQ », on peut montrer l’implication «si NON - QQ alors NON - P.>P .> Comme pour le raisonnement par l’absurde, il faut pouvoir nier correctement l’assertion QQ et reconnaître ensuite la négation de PP.

Exercice 21. Soit xRx \in \mathbb{R}. Montrer que si pour tout ε>0,xε\varepsilon>0,|x| \leq \varepsilon alors x=0x=0.

Exercice 22. Soient a,ba, b deux nombres complexes. Montrer que si a1|a| \leq 1 et b1|b| \leq 1 alors a+b3|a+b| \leq \sqrt{3} ou ab3|a-b| \leq \sqrt{3}

8.6.3 Raisonnement par récurrence.

Le raisonnement par récurrence est utile lorsque la propriété à établir est valable pour tout entier naturel et que la propriété se transmet des rangs 0,1,,n0,1, \ldots, n au rang n+1n+1.

Pour mettre en oeuvre un raisonnement par récurrence, les quatre étapes suivantes doivent apparaître clairement : (1) énoncer convenablement la propriété, (2) initialiser la récurrence, (3) établir l’hérédité, (4) conclure en citant le principe de récurrence sur N\mathbb{N},

Attention à la marche ! Le rang de l’hypothèse de récurrence doit inclure le dernier rang d’initialisation !

Exercice 23. On pose u0=0,u1=2u_{0}=0, u_{1}=2 et pour tout nN,un+2=3un+12unn \in \mathbb{N}, u_{n+2}=3 u_{n+1}-2 u_{n}. Montrer que pour tout nN,un=2n+12n \in \mathbb{N}, u_{n}=2^{n+1}-2 Pour tout nNn \in \mathbb{N}, notons Pn\mathscr{P}_{n} la propriété : « un=2n+12u_{n}=2^{n+1}-2 »

On a donc un=2n+12u_{n}=2^{n+1}-2 et un1=2n2u_{n-1}=2^{n}-2 de sorte que

un+1=3un2un1=3(2n+12)2(2n2)=42n2=2n+22u_{n+1}=3 u_{n}-2 u_{n-1}=3\left(2^{n+1}-2\right)-2\left(2^{n}-2\right)=4 * 2^{n}-2=2^{n+2}-2

Ainsi, la propriété Pn+1\mathscr{P}_{n+1} est donc vraie dès que Pn\mathscr{P}_{n} et Pn1\mathscr{P}_{n-1} sont vraies.

Exemples. Pour tout nNn \in \mathbb{N}^{*}, (1) 1+2+3++n=n(n+1)21+2+3+\ldots+n=\frac{n(n+1)}{2}, (2) 1+22+32++n2=n(n+1)(2n+1)61+2^{2}+3^{2}+\ldots+n^{2}=\frac{n(n+1)(2 n+1)}{6}. (3) 1+23+33++n3=n2(n+1)241+2^{3}+3^{3}+\ldots+n^{3}=\frac{n^{2}(n+1)^{2}}{4}.

20 Rudiments de logique et vocabulaire ensembliste. (4) pour tout réel positif aa : (1+a)n1+na(1+a)^{n} \geq 1+n a.

Proposition. Formule géométrique.

Soit qq un nombre complexe tel que q1q \neq 1. Alors

1+q+q2++qn1=1qn1q1+q+q^{2}+\ldots+q^{n-1}=\frac{1-q^{n}}{1-q}

Corollaire. Pour tous nombres complexes aa et bb,

anbn=(ab)(an1b0+an2b+an3b2++abn2+a0bn1)a^{n}-b^{n}=(a-b)\left(a^{n-1} b^{0}+a^{n-2} b+a^{n-3} b^{2}+\ldots+a b^{n-2}+a^{0} b^{n-1}\right)

Exercice 24. Soit (an)nN\left(a_{n}\right)_{n \in \mathbb{N}^{*}} une suite d’entiers naturels telle que

nN,k=1nak3=(k=1nak)2.\forall n \in \mathbb{N}^{*}, \sum_{k=1}^{n} a_{k}^{3}=\left(\sum_{k=1}^{n} a_{k}\right)^{2} .

Montrer que : kN,ak=k.x\forall k \in \mathbb{N}^{*}, a_{k}=k . \mathrm{x}