Mathématiques - PCSI
Mathématiques - PCSI¶

Rudiments de logique
ET VOCABULAIRE ENSEMBLISTE¶
Lycée Lakanal 3 avenue du Pdt Franklin Roosevelt 92330 Sceaux
8 Rudiments de logique et vocabulaire ensembliste.¶
8.1 Disjonction, conjonction, négation.¶
Une assertion en mathématique est un énoncé dont on peut dire s’il est vrai ou s’il est faux. Aux énoncés vrais, on assigne la valeur 1 et aux énoncés faux, on assigne la valeur 0 .
En mathématiques, une assertion vraie porte le nom de proposition et selon l’importance de cette proposition au sein de la théorie, elle pourra porter le nom de théorème, corollaire, lemme,...
Conjonction.¶
Soient deux assertions. Les valeurs logiques prises par l’énoncé « ET » sont résumées dans la table de vérité
| 0 | 0 | 0 |
| 1 | 0 | 0 |
| 0 | 1 | 0 |
| 1 | 1 | 1 |
L’assertion est donc l’énoncé mathématique qui est vrai dans le seul cas où et sont simultanément vrais.
Disjonction.¶
Soient deux assertions. Les valeurs logiques prises par l’assertion < OU » sont résumées dans la table de vérité
| OU | ||
|---|---|---|
| 0 | 0 | 0 |
| 1 | 0 | 1 |
| 0 | 1 | 1 |
| 1 | 1 | 1 |
L’assertion OU est donc l’énoncé mathématique qui est faux dans le seul cas où et sont simultanément faux. Autrement dit, OU est vrai dès que l’un au moins des énoncés ou est vrai.
Remarque. En logique mathématique, l’assertion « OU » n’exprime pas que et s’excluent mutuellement: « OU » ne dit pas que l’on ne peut avoir à la fois et . En géométrie, un triange isocèle est un triangle ayant deux côtés égaux ou deux angles égaux : il est impossible ici que le ou soit exclusif. Une fonction monotone est une fonction croissante ou décroissante : les fonctions constantes sont monotones et elles sont à la fois croissantes et décroissantes.
Propriété. Soient et trois assertions. On a les propriétés de distributivité suivantes :
Négation.¶
Soit une assertion. Les valeurs logiques prises par la négation de sont résumées dans la table de vérité :
| p | non p |
|---|---|
| 0 | 1 |
| 1 | 0 |
L’assertion NON est vraie dans le seul cas où l’assertion est fausse. Remarques. (1) NON (2) L’assertion ( ) OU est vraie, quelle que soit l’assertion : c’est le principe du tiers exclu. (3) L’assertion ( NON ) ET est fausse, quelle que soit l’assertion : c’est le principe de non contradiction.
Lois de De Morgan. Soient et deux assertions. La négation de l’assertion « ET » est l’assertion « ( ) ». La négation de l’assertion «p OU » est l’assertion « ( NON ) ET ( NON )».
Exercice 1. Soient trois réels. Quelle est la négation de ? Quelle est la négation de ?
Exercice 2. Résoudre dans le système
Implication et équivalence¶
Dans le langage courant, on formule une implication à l’aide des mots «si, alors» et la connexion entre les propositions jointes n’est pas toujours facile à caractériser. Souvent, il s’agit d’une cause qui implique une conséquence comme dans «s’il pleut alors le sol est mouillé. » Les implications du langage courant sont ainsi plus restreintes.
En logique mathématique, une implication est un énoncé obtenu en joignant deux assertions sans qu’il existe une forme de connexion «psychologique» entre elles, et dont la valeur logique dépend exclusivement de celles des assertions mises en relation. On exclut en mathématique, que d’une assertion vraie il puisse découler une assertion fausse et on pose donc qu’une implication mathématique «si alors » est fausse dans le seul cas où « est vraie et est fausse. »
Implication. Etant donnés deux assertions , l’implication de par notée est l’énoncé ( ). Cet énoncé est faux dans le seul cas où est vrai et est faux. Les valeurs logiques prises par l’implication de par sont résumées dans la table de vérité
| p | q | |
|---|---|---|
| 0 | 0 | 1 |
| 1 | 0 | 0 |
| 0 | 1 | 1 |
| 1 | 1 | 1 |
La négation de est l’énoncé ( ( NON )).
Lorsque est un énoncé vrai, on note et on dit :
«si alors » ou « entraîne » ou « implique » ou « est une condition nécessaire de » ou est une condition suffisante de ou «il suffit d’avoir pour avoir » ou «il faut avoir pour avoir . »
Exemples. (1) Soit une fonction définie sur . Si est l’énoncé : « la fonction est dérivable sur » et est « la fonction est continue sur , l’implication de par est vraie donc . (2) Si est l’énoncé : « est un nombre premier» et est « 2 est un nombre pair , l’implication de par est vraie donc on peut écrire . (3) Si est l’énoncé : «la somme des angles d’un triangle est de 400 degrés» et est « tous les triangles sont isocèles », l’implication de par est aussi vraie donc .
Remarque. (1) D’après la table de vérité de , on voit que l’implication est vraie lorsque est vraie mais sans que soit vraie. On voit aussi que l’implication est vraie lorsque est fausse, peu importe que l’assertion soit vraie ou fausse.
L’implication mathématique peut donc être vraie sans qu’il y ait un quelconque rapport de cause à effet entre et . (2) Affirmer « si alors » ne signifie pas que ou soit vraie. Il s’agit d’une formule reliant logiquement deux assertions et sans que les valeurs logiques de l’une ou l’autre soient déterminées.
Prenons, par exemple, pour l’assertion «il fait jour» et pour q l’assertion «il fait clair. » — Lorsque l’on dit «s’il fait jour alors il fait clair», on souligne seulement le rapport d’implication entre et . — Lorsque l’on dit «puisqu’il fait jour, il fait clair», on signifie par là non seulement le rapport d’implication entre les deux assertions mais on indique également que est vraie, ce qui correspond à l’enchainement « est vraie et ( ) est vraie, donc est vraie» qui permet de déduire à partir de .
Il faut donc distinguer «implication» et « déduction. »
On prendra garde à ne pas considérer ⟹ comme un raccourci pour «donc. » Il n’en a pas le sens !
Exercice 3. Soient trois assertions. Former la table de vérité de
Equivalence. Etant donnés deux énoncés mathématiques , l’équivalence de et noté est l’énoncé ( ) ET ( ). Cet énoncé est vrai dans les deux seuls cas où et sont simultanément vrais ou simultanément faux. Les valeurs logiques prises par l’équivalence de et sont résumées dans la table de vérité
| p | q | |
|---|---|---|
| 0 | 0 | 1 |
| 1 | 0 | 0 |
| 0 | 1 | 0 |
| 1 | 1 | 1 |
Si est un théorème (ie. est vrai), alors est l’implication réciproque (qui n’est pas toujours vrai). Si le théorème et sa réciproque sont vrais, on dit que les énoncés et sont équivalents et on note . On dit alors
« équivaut à » ou " si et seulement si » ou « il faut et il suffit d’avoir pour avoir » ou « est une condition nécessaire et suffisante de ».
Principe de contrapositon. Pour prouver un énoncé de type «si alors », il faut et il suffit de prouver l’énoncé «si ( NON - q) alors ( NON - p). L’énoncé s’ appelle implication contraposée de . On a donc l’équivalence
Remarque. La phrase « seulement si » est à comprendre dans le sens «si NON- alors NON - » qui est donc une formulation équivalente de «si alors . »
Exemple. Pour tout , si est pair alors est pair.
8.2 Définition d’un ensemble. Relation d’appartenance. Inclusion.¶
Un ensemble peut être défini de deux manières : soit en précisant ses éléments, soit en indiquant une propriété commune vérifiée par ses éléments.
Par exemple, l’ensemble des racines cubiques de l’unité peut être défini par :
où désigne le nombre .
8.2.1 Définition d’un ensemble par extension.¶
Un ensemble est entièrement déterminé par ses éléments. On peut alors noter les éléments séparés par une virgule et on «enferme» le tout entre deux accolades.
Exemples. (1) L’ensemble des lettres de l’alphabet : . (2) Si est un entier naturel non nul, l’ensemble des restes «modulo ,
(3) L’ensemble des entiers pairs est . (4) L’ensemble des rationnels est .
Remarques. (1) L’ordre dans lequel on écrit les éléments d’un ensemble entre les accolades n’a pas d’importance. (2) La répétition d’un élément dans la notation d’un ensemble n’augmente pas l’ensemble en question : par exemple, .
Définition. Un ensemble admettant un seul élément est appelé un singleton. Un ensemble admettant exactement deux éléments s’appelle une paire.
Remarque. Soit un élément d’un ensemble. Il ne faut pas confondre l’élément et le singleton .
8.2.2 Définition d’un ensemble par sélection (ou compréhension).¶
Soit une formule mathématique quelconque définie sur un univers , pouvant être valable ou non pour tous les éléments de . On appelle l’élément générique ou la variable parcourant l’univers et on notera la formule obtenue pour l’élément . On dit que est un prédicat à une variable. Par exemple, (1) définit un prédicat défini sur , (2) est un multiple entier de définit un prédicat défini sur , (3) « est dérivable sur l’intervalle » est un prédicat défini sur l’ensemble des fonctions de dans , noté .
Un ensemble peut alors être défini par les éléments de partageant une même propriété . Si on appelle cet ensemble, on notera
( est l’ensemble des éléments appartenant à tels que est une assertion vraie.) Exemples. (1) L’ensemble des entiers pairs est . (1) .
Dans la suite est un ensemble, par exemple ou .
8.2.3 Relation d’appartenance¶
Dire que est un élément de se note .
Dans le cas contraire, dire que n’est pas élément de se note .
Exemple. Soit l’ensemble des fonctions dérivables sur . Vous savez que exp, , cos sont dérivables sur . On écrira donc
En revanche, la fonction abs : n’est pas dérivable en 0 . On écrira donc abs .
8.2.4 Inclusion¶
On dit que est une partie de ou un sous-ensemble de si tous les éléments de sont des éléments de . On dit que est inclus dans et cette relation se note .
Exemples. (1) . (2) On note l’ensemble des fonctions continues sur à valeurs réelles. Toute fonction dérivable sur étant continue sur , on peut écrire .
Egalité de deux ensembles. Soient deux ensembles. On a l’équivalence suivante :
Pour montrer l’égalité entre deux ensembles, on montrera que l’un est inclus dans l’autre et que l’inclusion réciproque est vraie aussi.
Remarque. Il ne faut pas confondre les symboles et : si , on note mais .
Définition. Il existe un ensemble unique noté et appelé ensemble vide. Cet ensemble vide est inclus dans tout ensemble .
Remarque. On note aussi .
Exercice 4. Soit tel que . Former un ensemble possédant éléments tel que de deux éléments pris quelconque dans , l’un est élément de l’autre.
Exercice 5. Former un ensemble non vide tel que chacun des éléments de sont aussi des sous-ensembles de .
8.3 Quantificateurs¶
Le langage mathématique se distingue du langage courant par l’emploi de variables. Dans une assertion mathématique, il peut intervenir des ensembles ( ), des constantes , des variables , des opérations , des relations , des symboles . Mais des phrases telles que « » ou « est positif» ne sont pas des assertions car elles sont incomplètes : on ne peut dire si elles sont vraies ou fausses. Que leur manque-t-il ? Les deux énoncés ci-dessus comportent des variables qui doivent être quantifiées. Dans la suite désigne un ensemble et une partie de définie par une propriété :
8.3.1 Quantificateur existentiel¶
Dire que l’ensemble est non vide signifie qu’il contient au moins un élément vérifiant la propriété . On dit alors : « il existe vérifiant et on note
Exemple. Considérons le prédicat : « est un entier naturel pair et premier » et l’ensemble .
Comme est non vide, (en effet ), on peut écrire :
8.3.2 Quantificateur universel¶
Dire que l’ensemble est l’ensemble tout entier signifie que tous les éléments de vérifient la propriété .
Exemple. Considérons le prédicat : « » et l’ensemble . Comme est l’ensemble tout entier, on peut écrire :
Remarque. Les formules et sont des assertions qui peuvent être vraies ou fausses, indépendamment de la valeur attribuée à . On pourrait remplacer par n’importe quelle autre lettre sans changer le sens de l’assertion. On dit que les assertions « et « ne dépendent pas de la variable ou encore que la variable est muette dans ces formules.
Les symboles ne sont pas des abréviations pour les expressions « quel que soit, il existe» mais des symboles soumis à des règles d’emploi strictes.
8.3.3 Manipulation des quantificateurs¶
Règle 1. Permuter deux quantificateurs de même nature ne change pas le sens de la phrase.
Ainsi, écrire revient au même que . » De même, écrire revient au même que . »
Permuter deux quantificateurs différents change en général le sens de la phrase.
Exemple. L’assertion : est vraie puisque un réel étant fixé, on peut toujours trouver un plus petit que ce réel. Par contre l’assertion : est fausse puisque elle signifie qu’il existe un réel qui est strictement plus petit que n’importe quel nombre réel.
Exemple. L’assertion : est vraie puisque tout nombre réel admet une racine cubique. Par contre l’assertion : « signifie qu’il existe un réel dont le cube est égal à n’importe quel nombre réel, et impliquerait que ne contient qu’un seul élément, ce qui est faux.
Règle 2. et revient à et
Règle 3. « ou revient à ou
L’assertion et implique et mais la réciproque est fausse comme le montre l’exemple suivant.
Exemple. On considère les prédicats suivants est un entier naturel pair»; est un entier naturel impair. » L’assertion et est vraie mais l’assertion et » est fausse puisque un entier ne peut être à la fois pair et impair.

L’assertion ou implique ou mais la réciproque est fausse comme le montre l’exemple suivant.
Exemple. On considère les propriétés suivantes est un entier naturel pair»; « est un entier naturel impair».
L’assertion ou est vraie mais l’assertion ou » est fausse puisque les entiers n’ ont pas tous la même parité.
Exercice 6. Déterminer les fonctions continues telles que :
Exercice 7. Traduire sous forme quantifiée, les phrases suivantes (1) «on peut trouver un entier supérieur à n’importe quel rationnel strictement positif.» (2) «tout nombre complexe admet au moins une racine carrée dans » (3) «le module de la différence de deux nombres complexe est toujours supérieur ou égal à la différence des modules de ces deux nombres » (4) «La fonction s’ annule sur tout intervalle de longueur .» (5) «La fonction s’annule sur » (6) «La fonction est nulle sur » (7) «La suite n’est pas majorée.»
Exercice 8. Traduire en langage courant la phrase suivante :
Règle 4. La négation d’une propriété contenant un certain nombre de quantificateurs et s’ obtient en remplaçant chaque quantificateur par le quantificateur et vice-versa, et la propriété par la propriété (non ).
Exercice 9. Soient deux ensembles. Quelle est la négation de sous forme quantifiée ?
Exercice 10. Soit une fonction. Dire que la fonction est croissante se traduit par
Nier cette assertion.
Exercice 11. Donner sous forme quantifiée, la négation de la phrase suivante «il existe des réels distincts ayant le même cube. »
Exercice 12. Soit une suite de réels. Dire que la suite converge vers un nombre réel se traduit par
Nier cette assertion.
8.4 Opérations ensemblistes : intersection, union, complémentaire.¶
8.4.1 Ensemble des parties.¶
On appelle ensemble des parties de , que l’on note , l’ensemble formé de tous les sous-ensembles de . Il contient lui même et l’ensemble vide . On a donc l’équivalence suivante :
Exemples. (1) Si alors (2) Si alors (3) Si alors (4) Si alors (5) Si alors
Dans , on définit les opérations suivantes : intersection, union, passage au complémentaire. Soient et deux sous-ensembles de .
- Intersection.¶
L’intersection de et , notée , est l’ensemble des éléments qui appartiennent à la fois à et à .
On a donc l’équivalence suivante :

- Union.¶
L’union de et , notée , est l’ensemble des éléments qui appartiennent à ou à .
On a donc l’équivalence suivante :

- Passage au complémentaire.¶
Le complémentaire de dans noté □ ou ou est l’ensemble des éléments de qui n’appartiennent pas à .
On a donc l’équivalence suivante :

Exemples. Prenons
si est l’ensemble des entiers naturels pairs et celui des entiers naturels impairs alors ,
si est l’ensemble des entiers naturels pairs et celui des entiers naturels multiples de 3 alors est l’ensemble des entiers naturels multiples de 6 ,
si est l’ensemble des nombres réels plus grands que 1 et celui des nombres réels plus petits que -1 alors
Définition. Lorsque , on dit que et sont disjoints.
Proposition. Soient trois parties d’un ensemble . (1) Si alors (2) Si alors (3) (4) (5) et
Proposition. Soient trois parties de . (1) (2) (3) (4)
8.4.2 Produit cartésien¶
Définition. Soient deux ensembles. On appelle produit cartésien de et , noté (on prononce « croix »), l’ensemble formé des couples déléments de et pris dans cet ordre :
Remarques. (1) Soient des éléments pris dans un ensemble et et des éléments pris dans un ensemble .
On a l’équivalence : . (2) Il ne faut pas confondre le couple et la paire 'ordre de notation des éléments n’a pas d’importance dans la paire tandis qu’il est essentiel dans le couple puisque si , les couples et sont distincts. (3) Soient deux ensembles. On a l’équivalence :
Exemple. Avec et , on a
En général, n’est pas égal à .


Exemple. Autre exemple, mais .
Le produit cartésien est noté . De façon plus générale, soit et des ensembles, le produit cartésien de noté , est l’ensemble
Un élément de cet ensemble s’appelle un -uplet. Le produit cartésien est noté . Un élément de s’ appelle une -liste d’éléments de .
8.5 Opérations ensemblistes et connecteurs logiques.¶
8.5.1 Négation¶
Considérons un ensemble défini par une propriété :
Cet ensemble possède un complémentaire dans qui est lui même défini par une propriété qui est la négation de ,
Exemples. (1) Si est « est un entier pair» alors NON est est un entier impair ». (2) Si est « est un réel solution de alors NON est « est un réel solution de .
8.5.2 Conjonction¶
Considérons deux ensembles et définis respectivement par les propriétés :
L’ ensemble est lui même défini par une propriété qui est la conjonction de et ET ,
Exemples. (1) Si est « est un entier pair» et est « est un entier multiple de alors et est « est un entier multiple de . (2) Si est est un réel solution de est « est un réel solution de alors et est est un réel solution de .»
8.5.3 Disjonction¶
Considérons deux ensembles et définis respectivement par les propriétés :
L’ ensemble est lui même défini par une propriété qui est la disjonction de et OU ,
Exemples. (1) Si est « est un entier pair» et est « est un entier impair» alors ou est « est un entier. »
16 Rudiments de logique et vocabulaire ensembliste. (2) Si est « est un réel vérifiant » est « est un réel vérifiant » alors OU est « est un réel positif ou nul. »
8.6 Modes de raisonnement¶
On fera attention, dans les raisonnements, à ne pas commettre les erreurs suivantes : (1) commencer une preuve en supposant la conclusion (2) confondre condition nécessaire et condition suffisante (3) donner un (ou des) exemple(s) particulier(s) ne prouve pas un cas général (mais l’expérimentation est utile) ; (4) faire usage de l’équivalence quand elle n’est pas vraie
8.6.1 Raisonnement direct¶
Montrer ou .¶
On peut établir que l’une des deux assertions est vraie ou encore montrer « si NON alors . »
Exercice 13. Soient des entiers naturels. Montrer que est pair ou est multiple de 8.
Montrer si P alors Q.¶
Le raisonnement doit commencer par «Supposons . » et se terminer par «... donc .»
Montrer P ssi Q.¶
Il s’agit de démontrer ici une équivalence. Il est possible d’établir une équivalence en raisonnant par équivalence, c’est à dire par un enchainement de propriétés toutes équivalentes à jusqu’à obtenir mais ces situations sont assez rares en pratique.
Le raisonnement s’effectue en général en deux étapes : — dans un premier temps, on prouve «si alors » (c’-à-d. est une condition nécessaire de ), et
dans un second temps, on prouve «si alors » ( est une condition suffisante de P.)
On peut commencer par l’une ou par l’autre de ces deux implications mais il arrive souvent que l’une des deux est plus aisée à établir que l’autre.
Exercice 14. Pour tout , on note l’ensemble des racines -èmes de l’unité.
Soient deux entiers naturels non nuls. Montrer que si et seulement si est multiple de .
Exercice 15. Soit . Montrer que le polynôme admet une racine dans U si et seulement si est de la forme où .
Montrer pour tout .
La démonstration doit commencer par « Soit puis il faut établir . Lorsque , on peut aussi envisager le raisonnement par récurrence, développé plus loin.
Montrer pour tout alors .
La démonstration doit commencer par « Soit tel que ou « Soit et supposons . » puis il faut établir .
Montrer qu’il existe tel que . Il s’agit ici d’une question existentielle et suivant la nature de , il y a plusieurs approches possibles. (1) On peut penser à appliquer un théorème ou une propriété du cours qui conclut à une existence comme le théorème des valeurs intermédiaires, le théorème de Rolle ou des accroissements finis, la surjectivité d’une application, le théorème de d’Alembert-Gauss, etc. (2) On peut aussi chercher à construire un élément qui convient en procédant par analyse-synthèse : — dans un premier temps, c’est la phase «analyse», on suppose que l’élément vérifiant existe bien et on cherche des propriétés qui permettent de dégager ou mettre en évidence la construction d’un qui convienne; si vous faites figurer cette étape dans votre composition, il faudra l’indiquer clairement afin que le correcteur ne se méprenne pas en écrivant «Analyse. Supposons qu’il existe tel que »
dans un second temps, c’est la synthèse et la partie qu’il faut rédiger très soigneusement car c’est elle qui constitue la démonstration ; on commence alors en indiquant clairement qu’il s’agit de la synthèse et on pose la construction d’un en s’aidant des conditions trouvées dans la phase d’analyse :
S’il faut prouver l’unicité aussi, cela peut être fait indépendamment de l’existence ou alors être obtenu dans la phase d’analyse.
Exercice 16. Trouver les fonctions vérifiant
Exercice 17. Résoudre dans l’équation : .
8.6.2 Raisonnements indirects¶
Raisonnement par l’absurde. Pour montrer en raisonnant par l’absurde, on commence par écrire «Supposons, par l’absurde, que est fausse. »
On trouve une propriété telle que et soient vraies simultanément, aboutissant ainsi à une contradiction.
Il est important de bien dégager la négation de pour mener à bien ce type de raisonnement.
Exercice 18. Montrer que est irrationnel.
Exercice 19. On admet, pour tout entier , l’encadrement
Montrer que e est irrationnel.
Exercice 20. Montrer que l’ensemble n’est pas le produit cartésien de deux ensembles.
Raisonnement par contraposée. Pour montrer «si alors », on peut montrer l’implication «si NON - alors NON - Comme pour le raisonnement par l’absurde, il faut pouvoir nier correctement l’assertion et reconnaître ensuite la négation de .
Exercice 21. Soit . Montrer que si pour tout alors .
Exercice 22. Soient deux nombres complexes. Montrer que si et alors ou
8.6.3 Raisonnement par récurrence.¶
Le raisonnement par récurrence est utile lorsque la propriété à établir est valable pour tout entier naturel et que la propriété se transmet des rangs au rang .
Pour mettre en oeuvre un raisonnement par récurrence, les quatre étapes suivantes doivent apparaître clairement : (1) énoncer convenablement la propriété, (2) initialiser la récurrence, (3) établir l’hérédité, (4) conclure en citant le principe de récurrence sur ,
Attention à la marche ! Le rang de l’hypothèse de récurrence doit inclure le dernier rang d’initialisation !
Exercice 23. On pose et pour tout . Montrer que pour tout Pour tout , notons la propriété : « »
Pour , on a bien et pour , on a bien .
Soit tel que et sont vraies. Montrons que est vraie.
On a donc et de sorte que
Ainsi, la propriété est donc vraie dès que et sont vraies.
D’après le principe de récurrence sur , pour tout .
Exemples. Pour tout , (1) , (2) . (3) .
20 Rudiments de logique et vocabulaire ensembliste. (4) pour tout réel positif : .
Proposition. Formule géométrique.
Soit un nombre complexe tel que . Alors
Corollaire. Pour tous nombres complexes et ,
Exercice 24. Soit une suite d’entiers naturels telle que
Montrer que :