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Mathématiques - PCSI

Mathématiques - PCSI

Nombres complexes.

Lycée Lakanal 3 Avenue du Président Franklin Roosevelt 92330 Sceaux

2 Nombres complexes

La nature, mère des éternelles vérités, ou plutôt l’Esprit divin, est en effet trop jaloux de sa merveilleuse diversité pour permettre que toutes choses soient condensées en un seul genre. C’est pourquoi il a trouvé un détour subtil et remarquable dans ce prodige de l’analyse, ce monstre du monde des idées, cette sorte d’amphibie entre l’être et le non-être que nous appelons racine imaginaire. Leibniz

2.1 Ensemble des nombres complexes

On admet l’existence 1{ }^{1} d’un ensemble noté C\mathbb{C} contenant R\mathbb{R}, muni de deux opérations (+)(+) et (×)(\times) prolongeant l’addition et la multiplication des réels, et possédant un élément 3{ }^{3} noté ii vérifiant i2=1i^{2}=-1.

Les éléments de C\mathbb{C} sont appelés nombres complexes et s’écrivent de manière unique sous la forme a+bia+b iaa et bb sont des réels.

2.1.1 Le plan complexe

... de même qu’on peut se représenter tout le domaine des quantités réelles au moyen d’une ligne droite indéfinie, de même on peut se représenter le domaine de toutes les quantités, les réelles et les imaginaires, au moyen du plan indéfini, où chaque point déterminé par son abscisse a et par son ordonnée bb représente en même temps la quantité a+ib. Gauss, 1811

Réciproquement, à tout nombre complexe z=a+biz=a+b i on peut faire correspondre le point MM du plan de coordonnées (a,b)(a, b) ou le vecteur u\vec{u} de coordonnées (a,b)(a, b) dans la base (e1,e2)\left(\overrightarrow{\mathrm{e}_{1}}, \overrightarrow{\mathrm{e}_{2}}\right).

On dit que zz est l’affixe du point MM ou du vecteur u\vec{u} et que MM (ou u\vec{u} ) est l’image du nombre complexe zz.

[2]On a donc une correspondance entre l’ensemble C\mathbb{C} des nombres complexes et l’ensemble des points du plan ou des vecteurs du plan

φ:R2C(a,b)a+bi\begin{aligned} \varphi: \quad \mathbb{R}^{2} & \longrightarrow \mathbb{C} \\ (a, b) & \longmapsto a+b i \end{aligned}

Remarque. La notation R2\mathbb{R}^{2} ou R×R\mathbb{R} \times \mathbb{R} désigne l’ensemble des couples ( a,ba, b ) où aRa \in \mathbb{R} et bRb \in \mathbb{R}. Le plan ainsi utilisé pour représenter géométriquement les nombres complexes sera appelé plan complexe.

Définition. Soit z=a+biz=a+b i un nombre complexe. Les nombres aa et bb s’appellent respectivement la partie réelle et la partie imaginaire du nombre complexe zz. On les note Re(z)\operatorname{Re}(z) et Im(z)\operatorname{Im}(z).

Si Re(z)=0\operatorname{Re}(z)=0, on dit que le nombre complexe zz est imaginaire pur. — Un nombre complexe zz est réel si et seulement si Im(z)=0\operatorname{Im}(z)=0.

Définition. L’écriture a+bia+b i d’un nombre complexe zz s’ appelle forme algébrique de zz.

Cette écriture est unique : en effet, si a+bi=a+bia+b i=a^{\prime}+b^{\prime} i alors aa=(bb)ia-a^{\prime}=\left(b^{\prime}-b\right) i et en élevant au carré chaque membre, on obtient (aa)2+(bb)2=0\left(a-a^{\prime}\right)^{2}+\left(b^{\prime}-b\right)^{2}=0. Une somme de réels positifs n’est nulle que si chacun des termes de cette somme est nul, donc aa=0a-a^{\prime}=0 et bb=0b^{\prime}-b=0, donc a=aa=a^{\prime} et b=bb=b^{\prime}.

2.1.2 Opérations dans C\mathbb{C}

z1+z2=(Re(z1)+Re(z2))+(Im(z1)+Im(z2))iz_{1}+z_{2}=\left(\operatorname{Re}\left(z_{1}\right)+\operatorname{Re}\left(z_{2}\right)\right)+\left(\operatorname{Im}\left(z_{1}\right)+\operatorname{Im}\left(z_{2}\right)\right) i
λz=λRe(z)+(λIm(z))i\lambda z=\lambda \operatorname{Re}(z)+(\lambda \operatorname{Im}(z)) i
z1×z2=(Re(z1)Re(z2)Im(z1)Im(z2))+(Re(z1)Im(z2)+Re(z2)Im(z1))iz_{1} \times z_{2}=\left(\operatorname{Re}\left(z_{1}\right) \operatorname{Re}\left(z_{2}\right)-\operatorname{Im}\left(z_{1}\right) \operatorname{Im}\left(z_{2}\right)\right)+\left(\operatorname{Re}\left(z_{1}\right) \operatorname{Im}\left(z_{2}\right)+\operatorname{Re}\left(z_{2}\right) \operatorname{Im}\left(z_{1}\right)\right) i

Exercice 1. Exprimer en fonction de x,y,x,yx, y, x^{\prime}, y^{\prime} les parties réelles et imaginaires des nombres complexes : A=(x+yi)(x+yi),B=(x+yi)3,C=(y+xi)(x+yi)A=(x+y i)\left(x^{\prime}+y^{\prime} i\right), \quad B=(x+y i)^{3}, \quad C=(y+x i)(x+y i).

2.1.3 Conjugaison. Module

- Conjugué d’un nombre complexe.

Définition. Le conjugué du nombre complexe z=a+biz=a+b i est le nombre complexe abia-b i et est noté zˉ\bar{z}.

Proposition. Un nombre complexe zz est réel si et seulement si z=zˉz=\bar{z}.

Proposition. Soit z,zz, z^{\prime} deux nombres complexes. Alors

z+z=zˉ+z,zz=zˉz,zn=zˉn,(zz)=zˉzˉ si z0\overline{z+z^{\prime}}=\bar{z}+\overline{z^{\prime}}, \quad \overline{z z^{\prime}}=\bar{z} \overline{z^{\prime}}, \quad \overline{z^{n}}=\bar{z}^{n}, \quad \overline{\left(\frac{z}{z^{\prime}}\right)}=\frac{\bar{z}}{\bar{z}^{\prime}} \text { si } z^{\prime} \neq 0

Proposition. Pour tout zCz \in \mathbb{C},

Re(z)=z+zˉ2,Im(z)=zzˉ2i\operatorname{Re}(z)=\frac{z+\bar{z}}{2}, \quad \operatorname{Im}(z)=\frac{z-\bar{z}}{2 i}

Exemple. Mettre sous forme cartésienne le nombre 3+6i34i\frac{3+6 i}{3-4 i}.

Exercice 2. Discuter, suivant les réels a,b,ca, b, c, les solutions de l’équation az+bzˉ+c=0a z+b \bar{z}+c=0.

- Module d’un nombre complexe.

Proposition. Soit z=a+biz=a+b i un nombre complexe. Alors

zzˉ=a2+b2z \bar{z}=a^{2}+b^{2}

Définition. La quantité zzˉz \bar{z} est positive et on appelle module de zz la quantité zzˉ\sqrt{z \bar{z}} qui est notée z|z|. Lorsque z=a+biz=a+b i, on a donc z2=zzˉ=a2+b2|z|^{2}=z \bar{z}=a^{2}+b^{2} et z=a2+b2|z|=\sqrt{a^{2}+b^{2}}.

Remarque. Soit zz un nombre complexe non nul : 1z=1z2zˉ\frac{1}{z}=\frac{1}{|z|^{2}} \bar{z}. En particulier, si z=1|z|=1 alors 1z=zˉ\frac{1}{z}=\bar{z}.

Proposition. Pour tout zC,zˉ=zz \in \mathbb{C}, \quad|\bar{z}|=|z|.

Proposition. Pour tout zC,Re(z)zz \in \mathbb{C}, \quad|\operatorname{Re}(z)| \leq|z| et Im(z)z|\operatorname{Im}(z)| \leq|z|

Remarque. On a l’équivalence : Re(z)=z\operatorname{Re}(z)=|z| si et seulement si zR+z \in \mathbb{R}^{+}.

Proposition. Soient zz et zz^{\prime} deux nombres complexes. Alors (1) zz=z×z\left|z z^{\prime}\right|=|z| \times\left|z^{\prime}\right|, (2) zz=zz\left|\frac{z}{z^{\prime}}\right|=\frac{|z|}{\left|z^{\prime}\right|} (lorsque z0z^{\prime} \neq 0 ), (3) z+zz+z\left|z+z^{\prime}\right| \leq|z|+\left|z^{\prime}\right| (première inégalité triangulaire). (4) z+z=z+z\left|z+z^{\prime}\right|=|z|+\left|z^{\prime}\right| ssi z=0z=0 ou il existe kR+k \in \mathbb{R}^{+}tel que z=kzz^{\prime}=k z. (5) zzzz\left\|z^{\prime}\left|-\left|z \| \leq\left|z^{\prime}-z\right|\right.\right.\right..

Corollaire. Soit nNn \in \mathbb{N} tel que n2n \geq 2. Pour tous nombres complexes z1,z2,,znz_{1}, z_{2}, \ldots, z_{n}, (1) i=1nzi=i=1nzi\left|\prod_{i=1}^{n} z_{i}\right|=\prod_{i=1}^{n}\left|z_{i}\right| (2) i=1nzii=1nzi\left|\sum_{i=1}^{n} z_{i}\right| \leq \sum_{i=1}^{n}\left|z_{i}\right| \quad (inégalité triangulaire généralisée)

Exercice 3. Montrer que quelques soient les nombres complexes u,vCu, v \in \mathbb{C},

u+v2+uv2=2(u2+v2).|u+v|^{2}+|u-v|^{2}=2\left(|u|^{2}+|v|^{2}\right) .

2.1.4 Argument d’un nombre complexe. Notation exponentielle.

Si θR\theta \in \mathbb{R} est une mesure de cet angle orienté alors tout réel de la forme θ+2kπ,kZ\theta+2 k \pi, k \in \mathbb{Z} est aussi une mesure de l’angle orienté.

Réciproquement, si θR\theta^{\prime} \in \mathbb{R} est une autre mesure de l’angle orienté il existe kZk \in \mathbb{Z} tel que θ=θ+2kπ\theta^{\prime}=\theta+2 k \pi.

Définition. Soit x,xx, x^{\prime} deux réels. S’il existe mZm \in \mathbb{Z} tel que x=x+2mπx^{\prime}=x+2 m \pi, on dit que xx et xx^{\prime} sont congrus modulo 2π2 \pi et on note xxmod(2π)x \equiv x^{\prime} \bmod (2 \pi).

Définition. On appelle argument de z0z \neq 0 et on note arg(z)\arg (z) une mesure quelconque de l’angle orienté ( u,OM\vec{u}, \overrightarrow{O M} ) où MM est l’image de zz.

Le nombre complexe w=zzw=\frac{z}{|z|} est de module 1 et son image UU est donc situé sur le cercle trigonométrique. Comme les vecteurs OM\overrightarrow{O M} et OU\overrightarrow{O U} sont colinéaires de même sens, les angles orientés (u,OM)(\vec{u}, \overrightarrow{O M}) et (u,OU)(\vec{u}, \overrightarrow{O U}) sont égaux. Il existe donc kZk \in \mathbb{Z} tel que

arg(w)=arg(z)+2kπ\arg (w)=\arg (z)+2 k \pi

Définition. L’écriture précédente du nombre complexe zz

z=z(cosθ+(sinθ)i)z=|z|(\cos \theta+(\sin \theta) i)

θ\theta est un argument de zz, s’ appelle la forme trigonométrique ou polaire de zz.

Un nombre complexe est caractérisé par son module et par l’un de ses arguments.

Théorème. Deux nombres complexes non nuls sont égaux si et seulement si ils ont même module et si leurs arguments sont congrus modulo 2π2 \pi. Etant donné deux nombres complexes non nuls zz et zz^{\prime},

z=z{z=zarg(z)arg(z)[2π]z=z^{\prime} \Longleftrightarrow\left\{\begin{array}{c} |z|=\left|z^{\prime}\right| \\ \arg (z) \equiv \arg \left(z^{\prime}\right)[2 \pi] \end{array}\right.

Remarque. Un argument de zz désignera l’une quelconque de ces mesures, alors que l’argument de zz désigne la classe de toutes les mesures de l’angle orienté. Parmi toutes ces mesures, il en existe une et une seule dans tout intervalle de la forme [a,a+2π][a, a+2 \pi]aa est un nombre réel. La mesure de l’angle orienté ( u,OM\vec{u}, \overrightarrow{O M} ) comprise dans l’intervalle [ 0,2π[0,2 \pi[ s’appelle l’argument principal de zz.

Pour tRt \in \mathbb{R}, on note eit\mathrm{e}^{\mathrm{i} t} le nombre complexe cost+(sint)i\cos t+(\sin t) i.

- Nombre complexe de module 1.

L’ensemble des nombres complexes de module 1 est noté U\mathbb{U}. Il vérifie :

Proposition. Soit zCz \in \mathbb{C}. Alors on dispose de l’équivalence : zUz \in \mathbb{U} ssi il existe θR\theta \in \mathbb{R} tel que z=eiθz=\mathrm{e}^{i \theta}.

Remarque. Attention, il n’y a pas unicité du réel θ\theta. Pour tous réels θ\theta et θ\theta^{\prime} :

- La formule d’Abraham de Moivre 4{ }^{4}

Proposition. Formule de Moivre.

(1) Pour tout nNn \in \mathbb{N}, et tout tR,(cost+(sint)i)n=cosnt+(sinnt)it \in \mathbb{R},(\cos t+(\sin t) i)^{n}=\cos n t+(\sin n t) i. (2) On a (cost+(sint)i)1=1cost+(sint)i=cos(t)+(sin(t))i(\cos t+(\sin t) i)^{-1}=\frac{1}{\cos t+(\sin t) i}=\cos (-t)+(\sin (-t)) i (3) Pour tout nZn \in \mathbb{Z}, et tout tR,(cost+(sint)i)n=cosnt+(sinnt)it \in \mathbb{R},(\cos t+(\sin t) i)^{n}=\cos n t+(\sin n t) i.

Si zz est un nombre complexe non nul et si θ\theta est un de ses arguments alors la forme trigonométrique de zz s’ écrit donc aussi z=zeiθz=|z| \mathrm{e}^{i \theta}.

La forme trigonométrique d’un nombre complexe fournit le module et un argument de ce nombre complexe : si z=r(cost+(sint)i)z=r(\cos t+(\sin t) i)rR,r>0r \in \mathbb{R}, r>0 et θR\theta \in \mathbb{R} alors z=r|z|=r et θ\theta est un argument de zz.

Soit θ\theta et θ\theta^{\prime} deux réels. On a alors :

[1]

eiθeiθ=(cosθ+(sinθ)i)(cosθ+(sinθ)i)=(cosθcosθsinθsinθ)+(cosθsinθ+cosθsinθ)i=cos(θ+θ)+(sin(θ+θ))i=ei(θ+θ)\begin{aligned} \mathrm{e}^{i \theta} \mathrm{e}^{i \theta^{\prime}} & =(\cos \theta+(\sin \theta) i)\left(\cos \theta^{\prime}+\left(\sin \theta^{\prime}\right) i\right) \\ & =\left(\cos \theta \cos \theta^{\prime}-\sin \theta \sin \theta^{\prime}\right)+\left(\cos \theta \sin \theta^{\prime}+\cos \theta^{\prime} \sin \theta\right) i \\ & =\cos \left(\theta+\theta^{\prime}\right)+\left(\sin \left(\theta+\theta^{\prime}\right)\right) i \\ & =\mathrm{e}^{i\left(\theta+\theta^{\prime}\right)} \end{aligned}

Proposition. Soit z,zz, z^{\prime} deux nombres complexes non nuls s’écrivant sous forme trigonométrique z=zeiθ,z=zeiθz=|z| \mathrm{e}^{i \theta}, z^{\prime}=\left|z^{\prime}\right| \mathrm{e}^{i \theta^{\prime}}. Alors

zz=zzei(θ+θ),zz=zzei(θθ)z z^{\prime}=|z|\left|z^{\prime}\right| e^{i\left(\theta+\theta^{\prime}\right)}, \quad \frac{z}{z^{\prime}}=\frac{|z|}{\left|z^{\prime}\right|} e^{i\left(\theta-\theta^{\prime}\right)}

Conséquence. Soient z,zC,z0,z0z, z^{\prime} \in \mathbb{C}, z \neq 0, z^{\prime} \neq 0 et nNn \in \mathbb{N}^{*}.

arg(zz)arg(z)+arg(z)[2π],arg(zz)arg(z)arg(z)[2π]arg(zn)narg(z)[2π]arg(zˉ)arg(z)[2π].\begin{aligned} \arg \left(z z^{\prime}\right) & \equiv \arg (z)+\arg \left(z^{\prime}\right)[2 \pi], \\ \arg \left(\frac{z}{z^{\prime}}\right) & \equiv \arg (z)-\arg \left(z^{\prime}\right)[2 \pi] \\ \arg \left(z^{n}\right) & \equiv n \arg (z)[2 \pi] \\ \arg (\bar{z}) & \equiv-\arg (z)[2 \pi] . \end{aligned}

Exercice 4. Soient u=6i22u=\frac{\sqrt{6}-i \sqrt{2}}{2} et v=1iv=1-i. Calculer le module et un argument de uu et vv. En déduire le module et un argument de w=uvw=\frac{u}{v}.

Exercice 5. Soit zz le nombre complexe 1+i31+i\frac{1+i \sqrt{3}}{1+i}. Dire en justifiant si chacune des affirmations est vraie ou fausse. (a) (1z12)=164\overline{\left(\frac{1}{z^{12}}\right)}=\frac{1}{64} (b) z30=215z^{30}=2^{15} (c) (iz)15R(i z)^{15} \in \mathbb{R} (d) pour tout kN,z12kRk \in \mathbb{N}^{*}, z^{12 k} \in \mathbb{R}

2.1.5 Exemples et applications

- Formules d’Euler. 5{ }^{5}

  1. Leonhard Euler, 1707-1783. Fils d’un pasteur élève de Jakob Bernoulli, il fait de brillantes études de philosophie et reçoit des cours particuliers de Johann Bernoulli. Il part à St Petersbourg en 1727, où il obtient (sur recommandation de Daniel Bernoulli) une chaire de philosophie naturelle en 1730 et la chaire de mathématiques (abandonnée par D. Bernoulli) en 1733. Il perd l’oeil droit à cause du climat rude du pays en 1735. En 1741, il est nommé directeur de la section mathématiques et physique à l’académie des sciences de Berlin et Frederick II dira : « J’ai ici un gros cyclope de géomètre... il ne reste plus qu’un oeil à notre homme, et une courbe nouvelle, qu’il calcule à présent, pourrait le rendre aveugle tout à fait. » En 1732, il montre que le nombre de Fermat F5=225+1F_{5}=2^{2^{5}}+1 et le nombre de Mersenne M31=2311M_{31}=2^{31}-1 ne sont pas premiers. Il prouve la généralisation du (petit) théorème de Fermat : si aa et mm sont premiers entre eux alors aϕ(m)1a^{\phi(m)}-1 est divisible par mmϕ(m)\phi(m) est le nombre d’entiers naturels inférieurs à mm qui sont premiers avec mm ( ϕ\phi est dite fonction d’Euler). Il note e la base du logarithme népérien : «ubi e denotat numerum, cuius logarithmus hyperbolicus est 11 \gg (Mechanica, 1736). En 1738, il montre le théorème de Fermat pour les valeurs n=3,4n=3,4. Euler apporte une contribution principale à l’évolution de la notion de fonction : il est le premier à regarder une fonction comme la donnée d’une courbe dans un repère possédant un unique point d’intersection avec les droites verticales et développa les deux points de vues en parallèle. Il développe l’idée de Johann Bernouilli selon laquelle la trigonométrie est une branche de l’analyse et montre que les fonctions sin, cos et exp sont reliées par la formule qui porte son nom :

cos(θ)+sin(θ)i=eiθ\cos (\theta)+\sin (\theta) i=\mathrm{e}^{i \theta}
  1. La notation ii est due à Euler en 1777 et est reprise ensuite par Gauss.

Footnotes
    1. La première construction algébrique des nombres complexes est due au mathématicien irlandais William R. Hamilton (1806-1866) en 1837. Elle consiste à définir les nombres complexes 2{ }^{2} à partir de couples de réels et à définir l’addition et le produit de tels couples par des formules adaptées.

    1. Abraham de Moivre, 1667-1751. Il quitte la France pour Londres à l’âge de huit ans lors de la révocation de l’édit de Nantes en 1685. Il se lie avec Newton et Halley. Ses travaux portent surtout sur la trigonométrie mais commence vers 1709 à étudier les probabilités à partir des travaux de Huygens et MontMort. Son traité Doctrines of chances, paru en 1716, est resté la référence en calcul des probabilité jusquà la parution en 1812 de celui de Laplace, Théorie analytique des probabilités.