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Circuits du second ordre

Circuits du second ordre

La conservation de l’énergie observée pour l’oscillateur harmonique ne s’applique pas aux systèmes réels. En pratique, les oscillations finissent par s’amortir car il existe toujours des mécanismes dissipatifs.

I) Approche expérimentale

Expérience 1 : Circuit RLCR L C série soumis à un échelon de tension

À quoi ressemble le régime transitoire dans un circuit RLCR L C ? A-t-il toujours la même allure si l’on change les valeurs des composants ?

Comme dans le chapitre précédent, on peut distinguer deux régimes :

Pour certaines valeurs de résistance, capacité et inductance, le régime transitoire semble proche de celui d’un circuit du premier ordre, mais pour d’autres, il peut présenter des oscillations. Le choix des composants semble influencer :

Remarque

Plus la résistance est importante, plus les pertes Joules sont importantes donc plus le système est amorti. Les oscillations diminue voire disparaissent quand on augmente la résistance.

II ) Circuit RLCR L C série, Mise en équation

Exercice de cours à connaître 1

On considère le circuit RLCR L C série représenté ci-contre. Le générateur impose un échelon de tension parfait, c’est-à-dire :

e(t)={0 si t<0E si t0e(t)=\left\{\begin{array}{ccc} 0 & \text { si } & t<0 \\ E & \text { si } & t \geq 0 \end{array}\right.
  1. Établir l’équation différentielle vérifiée par la tension uC(t)u_{C}(t) pour t0t \geq 0.

  2. L’écrire sous sa forme canonique :

d2uC dt2(t)+ω0Q duC dt(t)+ω02uC(t)=ω02E\frac{\mathrm{d}^{2} u_{C}}{\mathrm{~d} t^{2}}(t)+\frac{\omega_{0}}{Q} \frac{\mathrm{~d} u_{C}}{\mathrm{~d} t}(t)+\omega_{0}^{2} u_{C}(t)=\omega_{0}^{2} E

Donner l’expression de la pulsation propre ω0\omega_{0} et du facteur de qualité QQ. 3. Quelle est la dimension de QQ ?

Définition 1 : Oscillateur amorti

L’équation associée à un oscillateur amorti de pulsation propre ω0\omega_{0} et de facteur de qualité QQ s’écrit sous forme canonique

d2x dt2(t)+ω0Q dx dt(t)+ω02x(t)= cte \frac{\mathrm{d}^{2} x}{\mathrm{~d} t^{2}}(t)+\frac{\omega_{0}}{Q} \frac{\mathrm{~d} x}{\mathrm{~d} t}(t)+\omega_{0}^{2} x(t)=\text { cte }

Dans un circuit RLCR L C série, la tension aux bornes du condensateur uC(t)u_{C}(t), sa charge q(t)q(t) et l’intensité i(t)i(t) du courant dans le circuit vérifient l’équation d’un oscillateur amorti de pulsation propre ω0\omega_{0} et de facteur de qualité QQ, avec

ω0=1LC et Q=1RLC\omega_{0}=\frac{1}{\sqrt{L C}} \quad \text { et } \quad Q=\frac{1}{R} \sqrt{\frac{L}{C}}

Remarque

III ) Différents régimes de fonctionnement

Trouver les solutions de l’équation homogène d’un oscillateur amorti de pulsation propre ω0\omega_{0} et de facteur de qualité QQ

d2x dt2(t)+ω0Q dx dt(t)+ω02x(t)=0\frac{\mathrm{d}^{2} x}{\mathrm{~d} t^{2}}(t)+\frac{\omega_{0}}{Q} \frac{\mathrm{~d} x}{\mathrm{~d} t}(t)+\omega_{0}^{2} x(t)=0

revient à trouver les racines du polynôme caractéristique associé à l’équation différentielle homogène, c’est-à-dire les solutions de l’équation :

r2+ω0Qr+ω02=0r^{2}+\frac{\omega_{0}}{Q} r+\omega_{0}^{2}=0

Seules les solutions réelles de l’équation homogène nous intéressent, mais leur forme dépend de la nature des racines du polynôme caractéristique, que l’on déterminera dans C\mathbb{C}. Le discriminant de l’équation caractéristique s’écrit

Δ=(ω0Q)2(14Q2)\Delta=\left(\frac{\omega_{0}}{Q}\right)^{2}\left(1-4 Q^{2}\right)

et on distingue trois cas suivant son signe.

Remarque

L’expression des racines du polynôme caractéristique n’est pas à apprendre par cœur mais doit pouvoir être retrouvée rapidement. En revanche, la forme des solutions de l’équation homogène doit être connue dans les trois cas.

A) Régime transitoire apériodique

Si le discriminant est strictement positif, c’est-à-dire si Q<1/2Q<1 / 2, le polynôme caractéristique admet deux racines réelles et négatives

r±=ω02Q±ω02Q14Q2r_{ \pm}=-\frac{\omega_{0}}{2 Q} \pm \frac{\omega_{0}}{2 Q} \sqrt{1-4 Q^{2}}

Si Q<1/2Q<1 / 2, le régime transitoire est apériodique. La solution générale de l’équation homogène est alors de la forme

x(t)=Aer+t+Bertx(t)=A e^{r+t}+B e^{r-t}

avec AA et BB deux constantes réelles qui dépendent des conditions initiales. Le régime transitoire est apériodique si l’oscillateur est soumis à un amortissement fort : il possède un facteur de qualité faible et le régime transitoire ne présente pas d’oscillations. La durée du régime transitoire dépend alors du terme le plus lent de la solution, c’est-à-dire celui associé à l’exponentielle dont le temps caractéristique est le plus grand.

La durée du régime transitoire apériodique est de l’ordre de 5/r+-5 / r_{+}. “De loin”, le régime transitoire apériodique ressemble au régime transitoire d’un circuit du premier ordre. La condition initiale sur la dérivée de la grandeur représentée impose toutefois une évolution différente, notamment au début du régime transitoire. Cette distinction doit apparaître sur les représentations graphiques. On fera pour cela systématiquement apparaître la tangente à l’origine.

B) Régime transitoire critique

Si le discriminant est nul, c’est-à-dire si Q=1/2Q=1 / 2, le polynôme caractéristique admet une racine double réelle et négative

r=ω02Qr=-\frac{\omega_{0}}{2 Q}

Si Q=1/2Q=1 / 2, le régime transitoire est critique. La solution générale de l’équation homogène est alors de la forme

x(t)=(At+B)ertx(t)=(A t+B) e^{r t}

avec AA et BB deux constantes réelles qui dépendent des conditions initiales. Le régime critique correspond à un cas limite, pour lequel le régime transitoire est le plus court. De plus, il ne présente pas d’oscillation : le régime permanent est atteint sans dépassement.

La durée du régime transitoire critique est de l’ordre de 5/r-5 / r. Là encore, malgré la ressemblance avec un régime transitoire du premier ordre, les conditions initiales doivent apparaître graphiquement.

C ) Régime transitoire pseudo-périodique

Si le discriminant est strictement négatif, c’est-à-dire si Q>1/2Q>1 / 2, le polynôme caractéristique admet deux racines complexes conjuguées

r±=μ±jΩ=ω02Q±jω02Q4Q21r_{ \pm}=-\mu \pm j \Omega=-\frac{\omega_{0}}{2 Q} \pm j \frac{\omega_{0}}{2 Q} \sqrt{4 Q^{2}-1}

Si Q>1/2Q>1 / 2, le régime transitoire est pseudo-périodique. La solution générale de l’équation homogène est alors de la forme

x(t)=(Acos(Ωt)+Bsin(Ωt))eμt=xmeμtcos(Ωt+φ)x(t)=(A \cos (\Omega t)+B \sin (\Omega t)) e^{-\mu t}=x_{m} e^{-\mu t} \cos (\Omega t+\varphi)

avec AA et BB ou xmx_{m} et φ\varphi deux constantes qui dépendent des conditions initiales. Ω\Omega correspond à la pseudo-pulsation des oscillations.

Le régime transitoire est pseudo-périodique si l’oscillateur est soumis à un amortissement faible : il possède un facteur de qualité élevé et le régime transitoire présente des oscillations. La durée du régime transitoire est donnée par l’enveloppe exponentielle des oscillations en eμte^{-\mu t}.

La durée du régime transitoire pseudo-périodique est de l’ordre de 5/μ5 / \mu. La pseudo-pulsation des oscillations du régime transitoire est différente de la pulsation propre. Seulement dans le cas d’un oscillateur faiblement amorti, c’est-à-dire si Q1Q \gg 1, on a Ωω0\Omega \sim \omega_{0}. En pratique, dès que QQ dépasse quelques unités, on pourra considérer Ωω0\Omega \simeq \omega_{0}.

Pendant le régime transitoire, la pseudo-pulsation, donc la pseudo-période, est constante. Seule l’amplitude des oscillations décroît !

Remarque

Durant le régime transitoire, le nombre d’oscillations visibles est de l’ordre de QQ. Cela permet d’évaluer rapidement le facteur de qualité et de savoir si la période propre peut raisonnablement être approximée par la pseudo-période.

Application 1

On reprend le circuit de l’exercice de cours 1 et on donne L=1,0mHL=1,0 \mathrm{mH} et C=47nFC=47 \mathrm{nF}.

  1. Exprimer et calculer la valeur de la résistance critique RcR_{c} correspondant au régime critique ( Δ=0\Delta=0 ).

  2. Donner la condition sur RR pour laquelle le régime transitoire présente des oscillations.

D) Résolution d’une équation différentielle du second degré

Pour résoudre une EDL2, on applique toujours la même méthode :

  1. Écrire la solution générale de l’équation homogène (cf. ;

  2. Trouver une solution particulière (constante si le second membre l’est) ;

  3. Exprimer la solution générale de l’équation avec second membre ;

  4. Déterminer les constantes d’intégration en exploitant les conditions initiales. Les coefficients AA et BB (ou xmx_{m} et φ\varphi ) s’obtiennent en utilisant les conditions initiales avec la continuité des intensité parcourant la bobine et tension aux bornes du condensateur ;

  5. Conclure en donnant la solution de l’équation qui satisfait les conditions initiales.

Remarque

L’ordre des étapes importe ! La détermination des constantes d’intégration doit toujours se faire après avoir trouvé la solution générale de l’équation différentielle avec second membre.

Application 2

On reprend la situation de l’exercice de cours 1 avec les valeurs de l’application 1 .

  1. Donner, en les justifiant, les deux conditions initiales portant sur uC(t)u_{C}(t) et sa dérivée première.

  2. Donner l’expression de uC(t)u_{C}(t) dans le cas où R=2RcR=2 R_{c}.

  3. En déduire l’expression de i(t)i(t).

  4. Représenter graphiquement uC(t)u_{C}(t).

  5. Faire de même pour R=Rc/10R=R_{c} / 10.

IV ) Bilan énergétique

Le bilan énergétique s’effectue en multipliant la loi des mailles par i(t)i(t) :

e(t)i(t)=Ri2(t)+uL(t)i(t)+uc(t)i(t)e(t) \cdot i(t)=R i^{2}(t)+u_{L}(t) \cdot i(t)+u_{c}(t) \cdot i(t)

Or : uL(t)i(t)=L di dt(t)i(t)=d dt(12Li2(t))=dEL dt(t)u_{L}(t) \cdot i(t)=L \frac{\mathrm{~d} i}{\mathrm{~d} t}(t) \cdot i(t)=\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{~d} t}\left(\frac{1}{2} L i^{2}(t)\right)=\frac{\mathrm{d} \mathcal{E}_{L}}{\mathrm{~d} t}(t)

uC(t)i(t)=C duC dt(t)uC(t)=d dt(12CuC2(t))=dEC dt(t)u_{C}(t) \cdot i(t)=C \frac{\mathrm{~d} u_{C}}{\mathrm{~d} t}(t) \cdot u_{C}(t)=\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{~d} t}\left(\frac{1}{2} C u_{C}^{2}(t)\right)=\frac{\mathrm{d} \mathcal{E}_{C}}{\mathrm{~d} t}(t)

On a donc :

Pg=d dt(EC+EL)+PJ\mathcal{P}_{g}=\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{~d} t}\left(\mathcal{E}_{C}+\mathcal{E}_{L}\right)+\mathcal{P}_{J}

Pg\mathcal{P}_{g} est la puissance fournie par le générateur ; EC\mathcal{E}_{C} est l’énergie stockée par le condensateur ; EL\mathcal{E}_{L} est l’énergie emmagasinée par la bobine ; PJ\mathcal{P}_{J} est la puissance dissipée par effet Joule par la résistance.

L’énergie fournie par le générateur est en partie stockée dans le condensateur et dans la bobine et pour le reste dissipée par effet Joule.

V ) Analogie entre un circuit RLCR L C et un oscillateur mécanique

Il existe de nombreux systèmes décrits par des équations différentielles du deuxième ordre comme le circuit RLC. Ces systèmes sont nommés systèmes du deuxième ordre.

C’est le cas par exemple de l’oscillateur harmonique {masse ressort} vu au chapitre précédent auquel on rajouterait une force de frottement fluide ffrott =λv\vec{f}_{\text {frott }}=-\lambda \vec{v}, où λ\lambda est une constante positive et v=dx dtux\vec{v}=\frac{\mathrm{d} x}{\mathrm{~d} t} \vec{u}_{x} la vitesse, en plus de la force de rappel exercée par le ressort. Le tableau ci-contre précise la correspondance entre grandeurs analogues pour le circuit RLCR L C série et l’oscillateur mécanique.

Donnée étudiéecircuit RLCR L C sérieoscillateur mécanique
signalq(t)=CuC(t)q(t)=C u_{C}(t)x(t)x(t)
signal dérivéi(t)=C duC dti(t)=C \frac{\mathrm{~d} u_{C}}{\mathrm{~d} t}v(t)v(t)
paramètresC1k\frac{1}{k}
Lmm
RRλ\lambda
pulsation propre ω0\omega_{0}1LC\frac{1}{\sqrt{L C}}km\sqrt{\frac{k}{m}}
facteur de qualité QQ1RLC\frac{1}{R} \sqrt{\frac{L}{C}}kmλ\frac{\sqrt{k m}}{\lambda}
énergie électrique/potentielle12CuC2=q22C\frac{1}{2} C u_{C}^{2}=\frac{q^{2}}{2 C}12kx2\frac{1}{2} k x^{2}
énergie magnétique/cinétique12Li2\frac{1}{2} L i^{2}12mv2\frac{1}{2} m v^{2}

VI ) Tableau récapitulatif

Facteur de qualitéQ<12Q<\frac{1}{2}Q=12Q=\frac{1}{2}Q>12Q>\frac{1}{2}
Régimeapériodiquecritiquepseudo-périodique
Racines du polynôme caractéristique r±r_{ \pm}ω02Q±ω02Q14Q2-\frac{\omega_{0}}{2 Q} \pm \frac{\omega_{0}}{2 Q} \sqrt{1-4 Q^{2}}ω02Q=ω0-\frac{\omega_{0}}{2 Q}=-\omega_{0}μ±jΩ=ω02Q±jω02Q4Q21-\mu \pm j \Omega=-\frac{\omega_{0}}{2 Q} \pm j \frac{\omega_{0}}{2 Q} \sqrt{4 Q^{2}-1}
Solution de l’équation homogène

| (At+B)eω0t(A t+B) e^{-\omega_{0} t} |

| | Durée du régime transitoire | quelques 1r+\frac{1}{\left\|r_{+}\right\|} | quelques 1r\frac{1}{\|r\|} | quelques 1μ\frac{1}{\mu} | | Évolution temporelle (réponse à un échelon) |

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